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L'image d'un président jeune ne suffit pas à susciter l'adhésion de la jeunesse

Macron : ce qu'en attend la jeunesse

4 min
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Après l'élection d'Emmanuel Macron, quelles sont les priorités, les attentes, les craintes de la jeunesse ? Le nouveau Président entame son quinquennat face à une jeunesse qui reste à convaincre.

L'image d'un président jeune ne suffit pas à susciter l'adhésion de la jeunesse
L'image d'un président jeune ne suffit pas à susciter l'adhésion de la jeunesse Crédits : Damien Meyer - AFP

Il n'a pas été beaucoup question de la jeunesse durant la campagne électorale. François Hollande en avait fait un engagement de sa campagne en 2012. "Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu'en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse", affirmait-il alors. Cinq ans plus tard, au sein de la jeunesse, l'heure est plutôt au ressentiment. Et aucun candidat ne s'est véritablement adressé aux jeunes durant le campagne.
Beaucoup commenté, l'âge d'Emmanuel Macron, 39 ans, suscite chez certains l'espoir du renouveau, voire d'une plus grande attention aux problématiques des jeunes. Pour autant, la sociologie du vote en faveur d'Emmanuel Macron montre qu'il n'y a pas de déterminant d'âge particulier. Le nouveau président a recruté dans toutes les classes d'âge : on ne peut parler d'un "vote jeune" en sa faveur . Même plus, il devra convaincre une grande partie de la jeunesse. Au premier tour, un jeune sur deux, 52% des 18-24 ans, a voté soit pour Jean-Luc Mélenchon soit pour Marine Le Pen. Une jeunesse, à l'image de la France, divisée. Un jeune sur trois ne s'est pas déplacé pour l’élection. Quelles sont les attentes et les préoccupations des jeunes à l'orée de ce nouveau quinquennat ?

Léa : "Son défi est de faire passer la France de l'ancien au nouveau monde "

Léa a grandi à Cergy-Pontoise, dans le Val d'Oise. C'est là que l'Essec, prestigieuse école de commerce, y a son campus. A 18 ans, Léa y est étudiante en bachelor. Comme beaucoup de ses camarades, elle a voté pour Emmanuel Macron aux deux tours. Si elle regrette le peu de place accordée à l'écologie par le nouveau candidat, elle se réjouit de sa jeunesse et attend de lui le passage "de l'ancien au nouveau", et notamment de réussir le passage au "tout numérique".

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A l’Essec, on est un peu dans un petit fief pro-Macron : c’était jeune, c’était pour l’Europe, c’était nouveau, ce n'était c’était pas populiste. Déjà, c’est nouveau d’avoir quelqu'un ni de droite ni de gauche. Lui-même est jeune, on ne l’avait pas beaucoup vu avant. Surtout, on est dans une école de commerce et son cursus parle aux gens d’ici. Il est pour les entrepreneurs, l’uberisation et nous c’est notre avenir. Il suffit de regarder les cours ici, il est question d'être connecté, d'être entrepreneur de travailler à son compte...

Sébastien : "J"ai peur que la politique d'Emmanuel Macron accentue les divisions entre les jeunesses"

Sébastien, 26 ans, étudie lui aussi à Cergy-Pontoise, juste en face de l'Essec. Il finit une formation de travailleur social dans quelques semaines et il travaille déjà comme éducateur spécialisé avec des jeunes du Val d'Oise. Et il s'inquiète des conséquences que la politique d'Emmanuel Macron pourrait avoir, pour lui comme pour eux.

Avec mes collègues, nous sommes assez inquiets. Car le social n’est pas vraiment une priorité d'Emmanuel Macron. Il y a des financements en jeu qui se perdront peut-être. Nous travaillons dans des quartiers et moi comme les jeunes qu'on accompagne, nous avons plutôt conscience que la jeunesse ne sera pas une priorité pour les cinq ans à venir.

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Selon les territoires et pour la jeunesse, il faut des mesures adaptées. Il n'y a jamais eu autant de jeunes qui n’ont rien a faire. L’avenir est un très grand sujet dans la jeunesse, c'est dur de se projeter dans l’emploi, de fonder une famille. J'ai peur que la politique de Macron accentue la différence entre les jeunesses. Par exemple il est favorable à l’ubérisation de la société. Or les jeunes nous racontent comment ils travaillent comme chauffeurs Uber pour s'en sortir, pour 70h par semaine pour 1500 euros et son épuisés. Si c'est ça le modèle.... Les jeunes qui vont à l’Essec n’ont pas besoin de faire ça, ont accès à des emplois durables. C’est la jeunesse sans diplôme qui fait ce genre de choses. Cela précarise encore plus cette couche de la société. Le monde du travail est déjà difficile car il n'y a pas de travail. Si on renforce la compétition, la nécessité d'être le meilleur, de s'adapter, ça laisse forcément du monde de côté. Les jeunes avec qui ont travaille, ce sera de plus en plus dur de leur donner une chance. Ça m’inquiète pour eux.

"Prendre le parti des jeunes" : c'était la proposition des Apprentis d'Auteuil en publiant ce "livre blanc" de propositions.
De son côté l'Unef a rappelé dès le lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron que cela n'était "en rien un chèque en blanc". L'organisation étudiante a souligné que “ ces élections traduisent la profonde fracture entre les jeunes et les institutions politiques, mais aussi la défiance grandissante face à une société qui les considère comme une variable d’ajustement, et refuse de prendre en compte leurs aspirations légitimes." Et se dit particulièrement vigilante “sur une refonte du système d’aides sociales qui creuse les inégalités” .

Lou : "Faire entendre la voix des jeunes"

A 22 ans, Lou Welgryn est en master à la chaire d’entrepreunariat social de l’Essec. Pour faire entendre la voix des jeunes, elle a décidé de se présenter aux législatives à Paris sous l’étiquette Allons enfants. C'est sur les réseaux sociaux qu'elle a découvert ce parti, lancé par des jeunes candidats aux municipales en 2014, et dont elle est aujourd'hui vice-présidente. Allons enfants se présente comme transpartisan. Sa particularité : rassembler des jeunes de moins de 25 ans. Ils seront une soixantaine à se présenter aux législatives à travers la France.

Moi, j’ai été assez déçue de cette campagne car les problématiques qui me parlent le plus je les ai trouvées absentes du débat. Je pense en particulier à l’écologie, qui n’a même pas été abordée au débat du second tour, alors que pour moi c’est un enjeu crucial. Cela ne sert a rien d'imaginer des politiques qu’on fera en 2030 si on n'est pas là pour les vivre. Il n'a pas été beaucoup question non plus de mesures pour la jeunesse, c‘est pour cela que c‘est important que l’on parle pour nous-mêmes.

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Je pensais que la politique ce n’était pas fait pour moi, et je suis tombée sur "Allons enfants" et je me suis rendu compte que c’était plein de jeunes comme moi et qui en plus avaient décidé de prendre la parole. Notre programme est axé sur l'environnement, l'éducation, l’Europe et le numérique. Avec l'idée que ce sont des thématiques communes à l'échelle d'une génération.

Joddy "Les jeunes sont rarement écoutés"

Joddy passe son bac. Elle vit en Seine-Saint-Denis, et si elle n'attend pas grand chose du président de La République. Ce qu'elle aimerait d'avantage d'aides pour la culture.

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Marwan : "Comme citoyen, j'attends de lui qu'il respecte sa parole donnée à ses électeurs. Même si comme activiste je le combattrai."

Marwan, 17 ans, est lycéen en Terminale L. Il n’a pas l’âge de voter, mais est engagé en tant que jeune communiste et a ensuite rejoint la campagne de Jean-Luc Mélenchon La France insoumise. Ce qu'il attend d'Emmanuel Macron, c'est qu'il respecte sa parole et ses valeurs, même s'il est en désaccord avec elles.

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Ce que j'attends d'Emmanuel Macron c'est qu'il tienne sa parole vis-à-vis de ses électeurs. S'il a été élu, il faut qu'il tienne son programme. C'est une question de respect pour son électorat. Même si moi je suis en total désaccord avec ses idées. En tant qu'activiste et militant, je me battrai contre le quinquennat d'Emmanuel Macron de toutes les façons possibles, mais ce que comme citoyen j'attends de lui, c'est qu'il fasse ce qu'il a promis à son électorat. Sinon, c'est de la trahison.

Anne Muxel : "La jeunesse n’est pas une catégorie sociale homogène, mais il existe une expérience générationnelle commune"

La chercheuse, directrice de recherche au Cevipof, a notamment mené des enquêtes sur les préoccupations. L'enquête Generation what auprès des jeunes Européens. Elle souligne combien "Après le quinquennat de François Hollande, il y a dans la jeunesse beaucoup de frustration, de ressentiment.
Du coup, une grande partie s’est reportée sur des forces radicales, que ce soit France insoumise ou le FN- c'est-à-dire des partis proposant un changement profond à la fois du système politique et du système social."

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Les conditions d’intégration de la jeunesse sur le marché du travail, mais aussi accès à l’autonomie financière, résidentielle: voilà vraiment la préoccupation qui dans toutes les enquêtes arrive au tout premier plan. Et du coup définit les attentes des jeunes vis-à-vis des politiques. D’autres sont apparues, comme le terrorisme et la sécurité. Et aussi l’environnement. C’est ce qui ressort de la grande enquête “Generation what”. La première vague menée en 2013. 3 ans plus tard, cela a énormément progressé. On ne peut pas considérer la jeunesse comme une catégorie sociale homogène, mais il n’en reste pas moins vrai qu’il y a une expérience générationnelle commune.

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La France et le monde : un nouveau chapitre ? Avec Erik Orsenna, auteur de Géopolitique du moustique
Intervenants
  • sociologue et politologue, directrice de recherche au Cevipof, spécialiste du rapport des jeunes à la politique
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