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Le gouvernement a demandé à l'audiovisuel public de réaliser 80 millions d'euros d'économie pour 2018.

"Notre service public est quelque chose d'unique, un trésor national"

5 min
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Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron souhaite réformer l'audiovisuel public. Profondément semble-t-il. Les chantiers sont nombreux, mais avec la liberté de l'information et la diversité des programmes proposées, comment les Français jugent-ils leur audiovisuel public ?

Le gouvernement a demandé à l'audiovisuel public de réaliser 80 millions d'euros d'économie pour 2018.
Le gouvernement a demandé à l'audiovisuel public de réaliser 80 millions d'euros d'économie pour 2018. Crédits : Eric Chaverou - Radio France

Depuis quelques semaines, l'audiovisuel public est dans le viseur d'Emmanuel Macron. Le président aurait même évoqué une "honte de la République". Pour Françoise Nyssen, sa ministre de la Culture, "le service public doit se transformer" et les dirigeants des chaînes doivent présenter leurs propositions communes jeudi prochain. Le premier souhait du gouvernement est de réaliser 80 millions d'euros d'économies dès 2018. Quand le budget total de l'audiovisuel public est estimé à 4 milliards d'euros environ. 

Pour le moment, des pistes sont avancées, comme une holding ou une réforme de la redevance, et beaucoup d'auditeurs et de téléspectateurs s'inquiètent des "futures" économies. Ils ne veulent pas de répercussions sur les missions de la télévision et de la radio publique : informer, cultiver et distraire. Pourquoi les Français sont-ils attachés à l'audiovisuel public ? Témoignages recueillis par François-Pierre Noel.

Odile , retraitée à Sannois, Val d'Oise : " Je suis prête à ce qu'on augmente, un tout petit peu, la redevance"

Tous les matins, Odile écoute France Inter ou France Culture. Elle regarde aussi beaucoup d'émissions à la télévision, comme Cash Investigation ou Envoyé Spécial. Cet attachement pour le service public, elle l'a depuis des années :"c'est un peu comme un automatisme ". Ce qui lui plaît, c'est la diversité des programmes et la découverte de certains films, comme sur France O, et la liberté de ton de certaines émissions d'investigation. L'avantage de l'audiovisuel public d'après cette retraitée,"est d'avoir un esprit critique grâce aux émissions comme Cash Investigation et d'avoir un regard "presque" objectif"

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Ce que j'apprécie dans le service public par rapport aux chaînes privées c'est qu'il n'y a pas de publicité. C'est très agréable et cela permet de suivre des émissions sans qu'elles  ne soient entrecoupées par des pubs. (Sur les économies demandées par le gouvernement à l'audiovisuel public), j'ai peur que cela appauvrisse considérablement le service. Moi, je suis tout à fait d'accord pour que l'on paye une redevance, même qu'on l'augmente un petit peu. Si on réduit beaucoup leurs moyens, on aura moins de choses qui risquent de nous intéresser. 

Mathias, guide dans un musée à Falaise, Calvados : "Notre service public est quelque chose d'unique, c'est un trésor national. Les autres pays n'en ont pas de cette qualité. "

Mathias est un fidèle auditeur de France Culture depuis une vingtaine d'années. Chez lui, pas de télé, la radio reste branchée. Il apprécie l'exigence dans les contenus proposés par les radios du service public,"un côté d'exploration culturelle qu'on retrouve surtout chez France Musique". Le rôle du service public est aussi celui de la transmission, ce qu'apprécie particulièrement Mathias : "du côté des radios privées, on cherche plus le divertissement, le spectacle, tandis que le service public continue à vraiment transmettre" :

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"Ce que je crains dans la diminution des moyens, c'est un manque d'ambition et donc une recherche plus grande de l'audience. C'est ce qui est inquiétant car cela signifie passer d'un système d'offre à un système de demande. C'est-à-dire donner au public ce qu'il veut, alors que Radio France est un groupe qui doit créer une offre et le public vient vers celle-ci."

Denis Rougé, ex président de l'association nationale "Les pieds dans le PAF" : "Le système médiatique actuel est assez féodal"

Pendant de nombreuses années, Denis Rougé, l'ancien président de l'association "Les pieds dans le PAF", a milité pour la présence des téléspectateurs au sein des conseils d'administration des chaînes de télévision du service public."Il y a des gens qui décident, qui font les programmes, mais il n'y a personne qui représente ceux qui consomment", explique-t-il. Il veut que le citoyen ait un "droit de regard" sur les programmes de l'audiovisuel public car ce dernier a un rôle à jouer dans la société :

Denis Rougé, ancien président de l'association "les Pieds dans le PAF"
Denis Rougé, ancien président de l'association "les Pieds dans le PAF" Crédits : Denis Rougé
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7 min
"Le système médiatique actuel est assez féodal."

Aujourd'hui, ce qui ne va pas dans l'audiovisuel public, c'est le traitement de certaines informations, par exemple dans l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier, sur France 2. Autre problème, on voit que les financements baissent, donc on nous remet de la publicité, et aujourd'hui le service public est moins efficace. Alors qu'il est essentiel dans le paysage audiovisuel pour apporter autre chose que les chaînes privées, détenues par de grands groupes. 

Nicolas Jacobs, médiateur de l'information à France 2 : "Pour les téléspectateurs, c'est important de leur montrer que l'on est à leur écoute."

Pour faire le lien entre le téléspectateur et les différents médias du service public existent des médiateurs. Ces personnes collectent et transmettent les remarques ou les critiques des auditeurs et téléspectateurs. Ce"lien de confiance", comme l'appelle Nicolas Jacobs, médiateur de l'information à France 2, est primordial. Parmi tous les mails qu'il reçoit, chaque téléspectateur à sa "propre définition du service public". Le rôle du médiateur n'est pas simplement illusoire, les rédactions ou les directions écoutent et sont attentives aux critiques :

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Après la mort de Johnny Hallyday, j'ai reçu énormément de courriers des téléspectateurs qui se plaignaient que nos journaux du lendemain soient exclusivement consacrés à Johnny, reléguant le reste de l'actualité en fin de journal. Ce sont des requêtes tout à fait fondées. Dans un des mails, une personne a remarqué "qu'il ne fallait pas faillir à notre mission de service public, qui est aussi de donner de l'information." J'ai écrit une lettre à la rédaction et le week-end d'après, pendant l'hommage à Johnny Hallyday, lorsque j'ai croisé le directeur de l'information, il m'a dit qu'il avait demandé à ses équipes de traiter TOUTE l'information, "sinon le médiateur allait nous tomber dessus !" ( rires ). Cela montre bien que l'avis du médiateur est entendu. 

Michèle Cotta, ancienne présidente de Radio France et directrice de France 2 : "Il faut faire attention, si on réforme le service public et si on l'allège, de ne pas perdre l'originalité française, à savoir une grande production de fictions et d'informations"

L'ancienne directrice de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (l'ancêtre du CSA) porte un regard attentif sur la situation de l'audiovisuel public. Selon elle, il faut faire des économies, c'est une évidence."D'ailleurs, quand je dirigeais France 2, on en a trouvé et c'est passé inaperçu auprès du personnel". Le meilleur moyen de réformer le service public, c'est de réétudier son périmètre d'actions : 

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Faut-il garder toutes les chaînes ? Si on ne peut pas en couper, alors on ne fait pas d'économies. Moi, je comprends très bien que tout le monde dise"c'est très bien comme ça", alors ne changeons rien. Si ce n'est pas très bien comme ça, alors, il faudra que les téléspectateurs acceptent qu'une ou deux de leurs chaînes soient fusionnées ou prennent une autre forme. Vous savez, une télévision publique qui serait ramenée à 5 % d'audience, moi je vous dis que ça ne dure pas. 

Vous aussi, vous avez réagi sur les réseaux sociaux 

Sur Facebook : 

Sébastien Natroll : Bonjour Hashtag. Mon avis est ici : Comment refonder l’audiovisuel public français ?

Cat. Guinet : Je suis fière d'être dans un pays où des radios et chaînes d'état ont les moyens d'être critiques - voire très critiques - envers quiconque, état compris. C'est un privilège. Il me paraît essentiel de le conserver. Quant à la direction actuelle, je ne saurais me prononcer, n'ayant que peu de temps à regarder ou écouter et donc mesurer sérieusement l'impact de la nouvelle (?) direction.

Cyril Francois : Je soutiens entièrement les rédactions de France Télévisions. Le journalisme d'enquête et d'investigation est plus que nécessaire, à l'heure de la communication permanente. Si il faut faire des économies, il y a clairement d'autres postes que celui du journalisme. Plus généralement, je trouve que les journaux télévisuels et radio ne sont pas au niveau pour "comprendre" et "décrypter" l'actualité, excepté, pour le moment, les chaines du service public et celle d'Arte. J'ai été agréablement étonné de la qualité et de la fraîcheur de la formule France Info TV. France Culture et France Bleu m'accompagnent au quotidien FIP et le Mouv, France Musique proposent des programmes de très bonnes qualités, et ne sont pas entrecoupés de publicité toutes les 3 minutes. Je paye ma redevance, et vu le nombre de minutes de radio que j'écoute, ce n'est rien !!

Bakhtout OH : Contente d'avoir accès à TV5 monde qui retransmet des programmes francophones de qualité...quand j'étais en France, je ne jurais que par Arte. Sinon, niveau radio, j'ai souscrit à des podcasts d'émissions de RFI et France Culture...sur tout ce que propose l'audiovisuel public !

Leo Barencey : Le recul du pluralisme fait que beaucoup d'usagers sentent que le service public audiovisuel ne leur appartient plus, ce qui est dangereux car j'entends certains dire que s'il disparaissait, ce serait tout aussi bien. Ils ne se rendent pas compte que c'est un trésor (surtout pour la radio), et le travail de qualité et exigeant de certains (plus discrets) est sapé par d'autres voix engagées et militantes (plus bruyantes) qui tendent à discréditer l'ensemble. Pour le cas de France Culture, la grille de jour est consacrée à l'actualité, à la politique, aux controverses du moment, et aux sorties culturelles "à causes", engagées, pendant que les Nuits nous proposent, par des archives, une vraie programmation culturelle originale, éclectique, pour tous, mais qu'on ne veut plus produire aujourd'hui. Le jour éclipse la nuit, en quelque sorte. Il faut que le service public se recentre sur ses missions (la culture pour France Culture et non pas les "idées", qui est une façon intello de faire de l'actu, mais cela reste de la diffusion d'opinions) et ait à cœur de parler à tout le monde, sans mépris ni démagogie.

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