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Des traders dans la salle des marchés du CAC 40 de Euronext, à La Défense.

"Nous, les petits actionnaires, on est toujours avertis quand la maison est (déjà) brûlée"

4 min
À retrouver dans l'émission

Le Salon de l'actionnariat s'est ouvert ce jeudi dans un contexte de méfiance. Des actionnaires vont porter plainte contre Altice, après la dégringolade du cours en bourse. Peut-on investir sans risquer de tout perdre ? Six petits porteurs témoignent, interrogés par Valentine Joubin.

Des traders dans la salle des marchés du CAC 40 de Euronext, à La Défense.
Des traders dans la salle des marchés du CAC 40 de Euronext, à La Défense. Crédits : Francois Lafite/Wostok Press - Maxppp

Selon l'AMF (Autorité des marchés financiers), 7,6% des plus de 15 ans détenaient des actions au mois de mars 2017, contre 6,2% en mars 2016. C'est la première fois, depuis la crise de 2008, que ce taux de détention remonte. Ces trois à quatre millions de petits porteurs sont majoritairement des hommes, âgés de plus de 55 ans et qui touchent un revenu mensuel supérieur à 3.000 euros. A l'occasion du salon de l'actionnariat, nous leur avons demandé pourquoi ils investissent.

Louis Bulidon, 81 ans, le collectionneur - activiste

Ancien ingénieur chimiste, Louis Bulidon a commencé à investir en bourse il y a plus de 20 ans pour  "placer (ses) économies".  Au fil du temps, il s'est constitué une belle collection de plusieurs milliers de titres, toujours de grandes sociétés du CAC 40 (Air Liquide, Danone, Total ou encore Carrefour). Pour faire les bons choix, il faut, selon lui, "comprendre" les sociétés, s'informer et se rendre aux assemblées générales :

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Je veux voir quels sont les métiers, je veux voir ce qu'ils font, je veux comprendre. J'ai décidé de bien étudier les résultats et d'intervenir en assemblée générale. Chaque année et dans chaque société dans laquelle j'investissais, j'intervenais. Ce qui m’intéressait c'était la solidité des résultats, la solidité du management et les perspectives... Et la qualité des hommes. Dans certaines sociétés, j'ai eu des échanges très difficiles, j'étais le cauchemar de Jean-Marie Messier", (ancien PDG de Vivendi).

Cette implication a permis à Louis Bulidon de multiplier ses investissements par "plus de quatre". Mais l'octogénaire reconnaît aussi quelques "déboires", comme son investissement dans la banque Dexia. Un fiasco financier qui lui a fait perdre "plusieurs milliers d'euros" pendant la crise de 2007-2008.

Dominique, 57 ans, spéculateur malgré lui 

Gérant d'un bureau d'étude dans l'automobile, Dominique se définit lui-même comme un "spéculateur de nature". Il achète des actions pour "gagner de l'argent", avoir un bon rendement, quitte à faire des "placements risqués". Eurodisney, Eurotunnel, Solocal, l'entrepreneur a multiplié les mauvaises expériences. Et il se voit, avant-tout, comme une victime.

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Quand Eurodisney est arrivé en France, c'était le placement à ne pas rater. Je ne l'ai pas raté et il s'est avéré que ça a été un gouffre financier. Ce que je retiens de la bourse, c'est que nous, les petits actionnaires, on est toujours avertis quand la maison est brûlée. J'ai l'impression que l'information est toujours en décalage, qu'il est toujours trop tard quand on nous informe.

Malgré ses mauvaises aventures boursières, Dominique continue de boursicoter avec l'espoir de "regagner" ce qu'il a perdu. "Avant de mourir, j'aimerais bien me refaire un peu", dit-il avec une forme de mélancolie.

Baudouin de Pimodan, 67 ans, le joueur repenti

Ancien dirigeant dans le secteur de la finance, reconverti dans l'édition, Baudouin de Pimodan a déjà 44 ans d'actionnariat derrière lui. Il estime avoir toujours "un petit peu spéculé, avec l'esprit de joueur". Un goût du risque qui lui a fait perdre beaucoup d'argent en 2014 suite à la plongée en bourse de la société Solocal (anciennement Pages Jaunes). Le retraité a créé, l'année dernière, une association pour échanger avec d'autres actionnaires. Pour Baudouin de Pimodan, les petits porteurs sont de plus en plus seuls et facilement manipulables :

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Les forums sur internet sont très dangereux. Vous avez des gens qui vous incitent à acheter. Vous y allez, vous ne connaissez pas forcément. Vous regardez les cours de bourse et vous vous dites, c'est fantastique, j'y vais, je fonce ! En un clic ,vous pouvez acheter et vous pouvez vendre. (...) C'est dangereux.

Isabelle Poizot, 51 ans, actionnaire passionnée et responsable

Isabelle Poizot a, elle aussi, perdu de l'argent en bourse, notamment avec le titre Eurotunnel, mais elle ne s'est jamais sentie "flouée".  Responsable dans le secteur de l'ingénierie, elle estime qu'acheter les actions émises par une société c'est accepter de "prendre part au risque". Après trente ans d'actionnariat, de soutien à des entreprises auxquelles elle est attachée, elle pense avoir tiré une leçon :

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Comme les premiers investissements se sont bien passés, cela m'a donné envie de prendre un peu plus de risques. (...) C'est important de considérer l'argent disponible sur un plan d'épargne en action comme de l'argent dont on a pas besoin. Si on met en péril son équilibre financier avec les actions, c'est dangereux. C'est le rapport que l'on a à l'argent, à la vérité, et à ce que l'on en fait. 

Alexandre, 28 ans, le jeune investisseur "très père de famille"

Consultant en communication, Alexandre a un rapport très prosaïque à la bourse. Il a hérité ses premières actions de son grand-père, à 16 ans, mais ne s'y est vraiment intéressé qu'à son entrée dans la vie active. C'est par nécessité économique qu'il a cherché à faire fructifier, modestement, son portefeuille :

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Je ne suis pas joueur, pas boursicoteur. Je ne cherche pas à faire de la plus-value rapidement. J'ai une vision à moyen-long terme. Mon objectif est de me faire un petit pécule, un capital pour commencer vraiment dans la vie. J'ai très récemment revendu une partie de mes actions pour acheter mon premier appartement à Paris, pour avoir un apport.

Antoine, 39 ans,  la maîtrise du risque

Gestionnaire de patrimoine immobilier, Antoine a en tant qu'actionnaire un principe de précaution. Il n'investit pas plus que ce qu'il peut perdre et chacun de ses actes d'achat ou de vente est mûrement réfléchi :

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Le risque, pour moi, est maîtrisé quand vous savez de quoi vous parlez, quand vous connaissez un petit peu mieux l'activité (...) Quelle entreprise ? Quelles est son activité ? Son environnement ? Ses concurrents ? Et c'est en étudiant tout ça que je fais un choix.

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