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Lisa, Marouane et Lorette, élèves de Terminale et de Première rencontrés pour Hashtag

Parcoursup, parcours d'obstacles ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Les élèves de Terminale ont jusqu’au 13 mars pour formuler leurs vœux pour la suite de leurs études en milieu universitaire sur la nouvelle plateforme Parcoursup. Des questions, des documents à fournir, des décisions à prendre... Parcoursup ou parcours d'obstacles ?

Lisa, Marouane et Lorette, élèves de Terminale et de Première rencontrés pour Hashtag
Lisa, Marouane et Lorette, élèves de Terminale et de Première rencontrés pour Hashtag

Parcoursup remplace désormais l’ancien système APB, et est devenue la plateforme nationale d’admission en première année des formations de l’enseignement supérieur pour les lycéens. Sont concernés également les apprentis et les étudiants en réorientation. La plateforme est ouverte depuis le 22 janvier ; jusqu’au 13 mars, 18 heures, avec un numéro vert : le 0 800 4000 70. 10 vœux maximum doivent être formulés par les lycéens, mais sans ordre de préférence. Dans un deuxième temps, chaque vœu doit être confirmé et chaque dossier constitué, notamment de lettres de motivation, jusqu’au 31 mars. Ce n’est qu’entre le 22 mai et le 21 septembre que les établissements de formation rendent leurs décisions quant aux admissions. Selon les derniers chiffres du ministère de l'Education nationale, plus de 750 000 jeunes sont déjà inscrits sur Parcoursup en ce début du mois de mars. Témoignages recueillis par Damien Triomphe.

"L'inscription est assez périlleuse", Lisa, en Terminale L

Lisa est en Terminale L au lycée Pablo Picasso, à Fontenay-sous-Bois, membre de la FIDL, syndicat lycéen. Dès le soir du 22 janvier, elle s'inscrit sur Parcoursup, et découvre que l'opération ne va pas être aussi simple que prévu, face au nombre de questions auxquelles la plateforme demande de répondre, "du type : êtes-vous sportif de haut niveau, ou artiste de haut niveau, mais surtout des détails administratifs, ou les relevés de salaire pour calculer la bourse" raconte Lisa. "Au total, ça prend une heure !" Ses professeurs principaux décident quelques jours plus tard de prendre une heure eux-aussi, sur l'emploi du temps de la classe, pour donner un maximum d'informations à leurs lycéens sur la manière d'appréhender la plateforme.

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On s’est rendu compte que, globalement, l’inscription était assez périlleuse. Du coup, nos profs principaux ont décidé de passer une heure exprès pour Parcoursup, tellement c’était compliqué.

Autre point sur lequel Lisa bute, comme d'autres, face à cette nouvelle procédure d'entrée dans le monde universitaire : la sectorisation. Le problème n'est pas nouveau, mais demeure, comme à l'époque d'APB : pour les licences, Parcoursup privilégie la règle de la proximité géographique. Les lycéens peuvent postuler dans une université hors de leur zone académique, mais seul un petit nombre d'entre eux sera admis, en fonction de quotas, qui eux ne seront connus qu'après le 31 mars, donc après la période d'inscription et de validation des vœux. D'où la difficulté pour savoir s'il est permis de tenter sa chance ailleurs, ou pas. "J'ai demandé un certain nombre de facs à Paris, mais comme je suis de l'Académie de Créteil, on me dirige plutôt vers des facs à une heure, voire plus de chez moi, comme Paris 8 ou Villetaneuse à une heure, plutôt que des facs comme Paris 1 à trente minutes de chez moi " poursuit Lisa. Elle a pris le parti de formuler des vœux sur Parcoursup dans autant de facs de son secteur que de facs parisiennes, pour "égaliser les chances", en Histoire, en Science politique et en LLCE Anglais.

"Enormément d'informations personnelles", Alec Pompot, en préparation d'un DAEU

La quantité d'informations à fournir est également pointée du doigt sur les réseaux sociaux. Alec Pompot, par exemple, réagit dans ce sens sur la page Facebook de France Culture : "Actuellement en préparation d'un DAEU (Diplome d'Accès aux Etudes Universitaires), donc, directement concerné, le site nous fait cocher un sacré paquet conditions d'utilisation (histoire de se dédouaner au maximum), les infos sur et autour du site se rapproche plus d'un outils de propagande qu'à de réelles infos, on nous demande de fournir énormément d'infos personnelles en ligne (alors que ces infos, l'éducation nationale doit déjà les avoir quelques part...)". 

Alec Pompot, toujours sur Facebook, précise ensuite toutes ces informations personnelles requises : "Nom, prénoms, date de naissance, état civil, adresse, numéro de téléphone/numéro de téléphone mobile (avec un petit pop-up qui nous rappelle que si on possède un portable, il est conseillé de le mettre), adresse mail, infos sur les représentants légaux (pour les mineurs), établissements et scolarité sur les 4/5 dernières années, si on est boursier ou pas.... Sachant que pour s'inscrire à la base il faut son code INE"

"Les élèves sont mal accompagnés", Marouane Majrar, porte-parole de la FIDL

Marouane Majrar est en classe de Première au lycée François Villon, dans le XIVe arrondissement de Paris, également porte-parole de la FIDL. Le syndicat lycéen dénonce surtout une trop rapide mise en application de la réforme d'accès à l'université. "Il y a quand même eu un moment où, pendant deux, trois semaines après le lancement de la plateforme, des personnes n'ont pas pu s'inscrire parce que l'Académie, les recteurs, les rectorats n'avaient pas envoyé les bons dossiers !" rappelle Marouane, "du coup les identifiants n'étaient pas les bons... et parfois, on a même eu des problèmes avec des établissements qui n'étaient pas recensés sur la plateforme !" Et plus globalement, le lycéen reproche au gouvernement de ne pas avoir laissé du temps pour qu'élèves et professeurs puissent être formés à l'utilisation de la plateforme.

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Le gouvernement ayant proposé une plateforme à la dernière minute, beaucoup de personnes ne sont pas formées à l’utilisation – les professeurs y compris – donc les élèves sont mal accompagnés… 

Marouane Majrar parle d'une "génération sacrifiée", celle des "cobayes" qui teste cette année Parcoursup. Pour lui et ses camarades de Première, il espère que la procédure sera plus facile à aborder après un an d'expérience et un temps plus long pour obtenir toutes les informations nécessaires concernant la plateforme. Même si selon lui et la FIDL, le problème de fond de la procédure perdurera, à savoir le droit pour un établissement d’effectuer une sélection entre les différents candidats, sélection qui se base désormais sur un dossier complet.

"J'espère que la plateforme fera tout pour que tout le monde ait ses affectations", Lorette, en Terminale S

En Terminale S au lycée Louis le Grand, dans le Ve arrondissement de Paris, Lorette explique ne pas avoir eu trop de mal à s'inscrire sur Parcoursup. Pour la suite, la lycéenne dit avoir été informée sur la procédure et les études supérieures, via des brochures et des réunions d'information, en notant toutefois un déséquilibre dans l'accès à l'information selon les filières, ayant assisté à plus de réunions sur les classes préparatoires que sur les licences. Elle veut travailler dans le monde de la recherche et des sciences, donc elle projette de passer par une prépa ou par la fac. Une fois ses vœux validés, le 31 mars, il faudra ensuite patienter... les réponses ne seront connues qu'entre le 22 mai et le 21 septembre. Pour elle, seuls les meilleurs élèves connaîtront rapidement les décisions des établissements face à leurs souhaits. Les autres attendront, et passeront peut-être même leur bac sans savoir si leur choix est accepté. "On voit très bien qu'il y a une sélection à l'université. C'est juste qu'ils ne peuvent pas refuser des gens, ceux qui ne seront pas pris seront en attente. Mais du coup ça reste une sélection !" constate Lorette.

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On aura nos affectations fin juin, même peut-être fin juillet. On passera le bac sans probablement savoir où on ira. Enfin, sauf pour les personnes qui sont vraiment premières partout et qui vont du coup être les premières prises par les écoles.   

Certains passeront leur bac sans savoir si leur admission est acceptée.
Certains passeront leur bac sans savoir si leur admission est acceptée. Crédits : Ministère de l'Education Nationale

"C'est compliqué parce qu'il y a énormément de formations", Amadou Boye, conseiller d'orientation

Amadou Boye est conseiller d'orientation au CIDJ, Centre d'information et de documentation jeunesse, dans le XVe arrondissement de Paris, au pied de la tour Eiffel. Il reçoit, sans rendez-vous, tous les jeunes sur des questions relatives à l'orientation et à l'insertion professionnelle. En ce moment, la plupart sont des lycéens, même s'il constate qu'il y en a beaucoup moins cette année que les précédentes, lorsque le système APB était en place. Amadou Boye estime d'ailleurs que Parcoursup, en tant que plateforme d'inscription sur internet, est a priori plus simple à aborder qu'APB. Mais il ajoute qu'il faut attendre une année pour pouvoir vraiment faire une comparaison. En attendant, ce n'est pas selon lui l'aspect technique de la procédure le plus important, dans la période cruciale de fin de parcours scolaire : "Les lycéens confondent un peu la définition de leur parcours d’orientation avec la procédure" explique Amadou Boye, qui voit passer des jeunes perdus devant la multitude de choix qui leur est proposée sur le site de Parcoursup. "Le jeune peut exprimer une dizaine de voeux, une vingtaine de sous-voeux au total, et là je vous épargne les détails. Alors quand, en plus, ils hésitent entre plusieurs formations..."

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C’est compliqué parce qu’il y a énormément de formations. Il y a énormément de choix. Donc je comprends que le jeune, quand il se met sur Parcoursup, qu’il voit les centaines de BTS, les centaines de licences, avec des intitulés parfois pompeux, ça ne l’aide pas dans le choix qu’il est amené à faire

"Il y a une certaine angoisse", Jean Merlet-Bonnan, avocat de Droits des Lycéens

Les trois quarts des élèves de Terminale se disent stressés par Parcoursup, selon une étude réalisée par le site spécialisé digiSchool. Toujours selon cette étude, si 62% d'entre eux considèrent l'utilisation de la plateforme comme simple, le fait de se sentir comme les "cobayes" de la nouvelle procédure pourrait expliquer ce stress.

L'avocat au barreau de Bordeaux Jean Merlet-Bonnan a représenté l'association Droits des Lycéens en 2016, lorsque celle-ci a porté plainte contre la plateforme APB, et dénonçait alors un système opaque et discriminatoire. Il estime que trop de questions se posent encore autour du fonctionnement de Parcoursup. La loi l'instituant a été votée en début d'année, elle est maintenant soumise au Conseil Constitutionnel, qui doit rendre sa décision dans le courant du mois de mars. "C'est tardif", selon Jean Merlet-Bonnan, "les textes existent aujourd'hui à l'état de projet, donc sur cette base l'administration a quand même pris des directives et a donné des indications informelles pour quand même informer les étudiants des procédures auxquelles ils sont soumis, mais il y a encore beaucoup de questions qui se posent".

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Nous avons aujourd’hui une nouvelle procédure, des textes de loi et des arrêtés d’application qui n’ont pas été pris, de sorte qu’on ne connaît pas non plus toutes les modalités et tous les critères qui vont être appliqués pour non seulement procéder à l’inscription mais aussi procéder surtout à la sélection des étudiants, donc ça crée une certaine angoisse, presque comparable finalement à celle qui existait déjà sur APB.

Sur APB, les textes interdisaient la sélection. Mais, selon l'avocat, en réalité la plateforme procédait à des sélections d'élèves pour accéder à  certaines formations, et il n'y avait pas de transparence. D'où le combat qu'il menait en tant que représentant de l'association Droits des Lycéens. Sur Parcoursup, Jean Merlet-Bonnan estime qu'il y a une avancée, avec un processus quand même plus transparent, qui permet clairement une sélection plus précise sur dossier. En revanche, il ne trouve pas encore assez précis les critères de cette sélection, reposant sur les "attendus" par filière, selon la formule utilisée sur Parcoursup, qui s'apparentent plus à des aptitudes et des comportements généraux (autonomie, ouverture au monde, ...) qu'à des critères objectifs. Pour compléter son dossier, l'élève dépose un CV, des lettres de motivation, une par voeu, mais aussi ses bulletins de notes. A cela vient compléter le dossier une "fiche avenir", remplie par le chef d'établissement dans lequel est scolarisé l'élève, et par son prof principal, pour chacun des voeux. 

Vos réactions sur Twitter : une procédure qui ne résout pas les problèmes d'inégalités 

Cette élève, originaire de la région PACA, souhaite intégrer un DNMADE (Diplôme National des Métiers d'Art et du Design, anciennement la  MANAA). Elle est actuellement en Terminale, bac pro Graphisme. Malgré une bonne moyenne générale, au-dessus de 15, elle sait qu'elle n'est pas sûre d'être admise, comme la plupart des autres élèves de sa classe.

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La question du handicap est également abordée (les SIAO sont les Services Intégrés d'Accueil et d'Orientation, à l'échelle du département)

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