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Un contrôle de police à la station de métro des Halles à Paris lors d'une manifestation de soutien à Theo. 10 février 2017.

Quelle police pour nos banlieues ?

4 min
À retrouver dans l'émission

L’affaire Théo exacerbe actuellement des tensions qui hélas ne datent pas d’hier. Entre forces de l’ordre et jeunes de quartiers, le conflit est parfois latent mais il est toujours prégnant. Quels outils mettre en place pour imaginer la police de demain ? Témoignages. Un dossier d'Ilan Malka.

Un contrôle de police à la station de métro des Halles à Paris lors d'une manifestation de soutien à Theo. 10 février 2017.
Un contrôle de police à la station de métro des Halles à Paris lors d'une manifestation de soutien à Theo. 10 février 2017. Crédits : Julien Mattia - AFP

Lorsque l’on va à la rencontre de jeunes de quartiers sensibles et de policiers, le seul constat qui s’impose est celui d’une incompréhension totale, d’un dialogue rompu. Chaque camp ressent de la part de celui d’en face une hostilité absolue, une absence totale de volonté à dialoguer, une même stigmatisation et une même violence. Des pistes de solutions peuvent néanmoins apparaître au cours de la conversation, ou de la présence de terrain, ici et là.

"Qu’ils arrêtent de s’en prendre physiquement aux civils"

Des milliers de manifestants à Bobigny, venus soutenir Theo. 11 février 2017.
Des milliers de manifestants à Bobigny, venus soutenir Theo. 11 février 2017. Crédits : AFP

A Nanterre dans les Hauts-de-Seine, le climat est tendu. Cette semaine des affrontements ont opposé les forces de l’ordre à des bandes armées de bâtons et cocktails molotovs. Salim a 20 ans, il habite dans cette ville de région parisienne. Comme beaucoup de jeunes Nanterriens que nous essayons d’interroger, il accepte de parler au micro, mais refuse de se faire photographier. Il nous décrit ses relations avec la police.

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3 min
Salim, un jeune habitant de Nanterre

Je ne suis contrôlé que quand je suis avec des amis, quand on est en groupe. Quand je suis tout seul, je n’ai jamais de problèmes. Les caméras, le récépissé, sont de bonnes idées.

"On ne sait pas si on va rentrer chez nous le soir, si on va revoir notre famille"

Deux gendarmes à Bobigny, lors d'une manifestation en soutien à Theo. 16 février 2017
Deux gendarmes à Bobigny, lors d'une manifestation en soutien à Theo. 16 février 2017 Crédits : Philippe Lopez - AFP

Dominique est policier en Seine-Saint-Denis. Il est l’un des porte-parole de "Policiers en colère". Il intervient en ce moment dans des secteurs particulièrement sensibles du département, notamment durant les nuits de violence. Selon lui, les agents sont à cran parce qu’ils ne se sentent soutenus par personne. Mais aussi parce que des dispositifs efficaces pour installer de bonnes relations avec la population ont disparu. Il regrette notamment la suppression de la police de proximité, en 2003.

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3 min
Dominique, porte-parole de "Policiers en colère", préfère témoigner à visage couvert.

La police de proximité était au contact des jeunes, les connaissait. J’aimerais que ça se développe, je suis 100% pour, je préfère largement la prévention à la répression

"Il y a un vrai travail de fond qui est fait"

Il existe encore aujourd’hui des initiatives visant à rapprocher les deux parties du conflit, comme pouvait le faire la police de proximité en son temps. A Villiers-le-bel (Val d'Oise), où des émeutes avaient éclaté en novembre 2007, la ville et la police ont créé, en partenariat, un centre départemental de loisirs jeunes. Les inscrits, mineurs, sont entièrement encadrés par des agents de police. Il y a des ateliers prévention (liés à la sécurité routière, à la drogue…) mais aussi des activités ludiques. Le brigadier Didier Clerc fait partie du centre depuis maintenant 8 ans.

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A Villiers-le-bel, la nouvelle génération part d’un œil positif par rapport à la police

"Cela permet d’installer de la confiance entre les jeunes et les policiers"

Quelque 800 jeunes sont inscrits dans ce centre de loisirs pendant l’année scolaire. Ils sont nombreux à dire que cette expérience leur a fait changer de regard sur la police. Ismaël, âgé de 15 ans, est l’un d’eux. «On parle avec eux de la vie de tous les jours, de l’actualité, de ce qui se passe, on peut discuter avec eux, ce sont des personnes familières maintenant. »

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55 sec
Ismaël est âgé de 15 ans, il est inscrit dans un centre de loisirs à Villiers-le-Bel

"En Allemagne, ils ont des outils de police administrative enviables"

Il y a donc évidemment un problème de communication et de méconnaissance. Mais s’arrêter à ce constat n’est évidemment pas suffisant. Jean-Luc Taltavull est secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires de la Police Nationale. Il a exercé plusieurs années à Creil. Ce cadre de la police condamne fermement les débordements violents ou racistes de la police, qu’il estime très minoritaires. Pour lui, si les agents en arrivent parfois à des extrémités, c’est aussi parce que le système légal français les condamne à l’impuissance. Les policiers ne peuvent pas agir rapidement sur de petites incivilités, laissant ainsi s’installer ce que Jean-Luc Taltavull appelle un sentiment d’impunité. Pour lui, la France pourrait s’inspirer du système allemand.

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En Allemagne, ils ont des outils de police administrative que je leur envie. Les policiers de quartiers ont entre leurs mains un dispositif très développé, qui est une forme d’interdiction de paraître. Un policier en présence d’un individu qui traîne tout le temps en bas d’un immeuble va lui notifier une interdiction administrative de paraître. C’est une réponse immédiate.

Vos réactions sur les réseaux sociaux

Nous vous avons demandé de nous décrire vos relations avec les agents de police aujourd’hui, et d’imaginer ce que pourraient être demain des forces de l’ordre plus efficaces, ayant des rapports plus apaisés avec le peuple. Les réponses sont bien sûr extrêmement diverses, et montrent à quel point les généralités ne peuvent être de mises sur un sujet aussi complexe.

Chroniques
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Kamel Daoud : esprit critique
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