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La "World Stamp Expo" du 10 Mai 2013 à  Melbourne, Australie

Qui sont ces individus dont les collections rivalisent avec les musées ?

4 min
À retrouver dans l'émission

#MonMuséePerso |Numismates, philatélistes, clopoclépiles... A partir de quand une accumulation d'objets devient-elle une véritable collection ? Qui sont ces collectionneurs qui bâtissent jour après jour leur musée personnel ? Enquête d’Elodie Rabelle.

La "World Stamp Expo" du 10 Mai 2013 à  Melbourne, Australie
La "World Stamp Expo" du 10 Mai 2013 à Melbourne, Australie Crédits : Scott Barbour - Radio France

Nous sommes tous un peu collectionneurs. Peut-être avez-vous eu un grand-père philatéliste ? Une tante qui collectionne les boules à neige ? Collectionner est un phénomène qui touche de nombreuses personnes. 

Se créer un musée personnel

Selon le Dictionnaire de Psychologie (2005), la collection est définie par le fait de catégoriser, d'organiser, de ranger des données. C'est ce que fait Michel-Jack Chasseuil dans ce qu'il appelle "son sanctuaire" dans les Deux-Sèvres. Depuis plus de 50 ans, il s'est constitué la plus belle collection de vins au monde : 40.000 bouteilles. 

Un musée personnel qu'il voudrait voir officiel. Il espère d'ici à deux ans bâtir son "Louvre du Vin". 

Michel-Jack Chasseuil au milieu de sa collection de vins
Michel-Jack Chasseuil au milieu de sa collection de vins Crédits : MARIE DELAGE - Maxppp

Les vins sont maintenant considérés comme des oeuvres d'art. J'ai commencé ma collection à 20 ans. Au début, c'était pour les boire, et avoir le plaisir d'avoir une cave personnelle, comme c'est la mode aujourd'hui. Et puis, je m'y suis intéressé et en 2010 je me suis retrouvé avec une collection de 40.000 bouteille de vins, une collection qui coûte beaucoup d'argent. C'est à ce moment que mes amis m'ont dit que j'avais un véritable petit musée. Ce qui m'a donné l'envie de créer un véritable musée du Vin". 

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Michel-Jack Chasseuil : "JMes amis m'ont dit que j'avais un petit musée"

De la collection au musée 

C'est un rêve de collectionneur : voir sa collection érigée en musée ouvert au public. C'est un rêve devenu réalité pour Jean-Paul Favand, propriétaire du Musée des Arts Forains à Paris. Depuis 1972, en parallèle de son commerce d'antiquité, Jean-Paul Favand acquiert et conserve des objets du monde du spectacle et des curiosités. Il héberge ses trouvailles chez lui avant finalement de déménager dans les chais Lheureux à Bercy en 1996. C'est là qu'il implante son Musée des Arts Forains. Pour cet homme de théâtre, montrer ses objets au public est une façon de les faire vivre. 

Jean Paul Favand, dans son bureau au Musée des Arts forains
Jean Paul Favand, dans son bureau au Musée des Arts forains Crédits : Elodie Rabelle - Radio France
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40 sec
Jean-Paul Favand : " Une accumulation devient une collection quand les objets veulent dire quelque-chose"

Comment arriver à ce niveau professionnel ? 

Il y a une différence entre accumuler des objets et se construire une collection capable de rivaliser avec celles des musées traditionnels. C'est un travail de longue haleine, 50% des collectionneurs ont débuté leur collection entre 4 et 15 ans. Un travail minutieux et exigeant qui peut être sacralisée en exposition, comme c'est le cas pour Daniel Prada, un Madrilène, fan de la première heure de Star Wars, dont la collection privée d'objets dérivés et d'arts autour de l'univers de la saga est exposé au Centre Expo Lafayette-Drouot, à Paris. Pour Manu de Ros, responsable du Centre Expo, "qualité et rareté" sont les maîtres-mots pour qu'une collection privée ait un intérêt pour le public. 

Manu de Ros au milieu des objets de la collection "Les Fans Contre Attaquent" au Centre Expo Lafayette-Drouot à Paris
Manu de Ros au milieu des objets de la collection "Les Fans Contre Attaquent" au Centre Expo Lafayette-Drouot à Paris Crédits : Elodie Rabelle - Radio France
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Manu De Ros : "Il y a une passion qui rend sélectif dans le choix des objets, et leur mise en valeur"

"C'est une maladie"

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Ce qu'on en commun les collectionneurs, c'est ce désir d'obtenir ce qu'il manque à leur collection. Il y a toujours quelque-chose à acquérir. 

"Que tu collectionnes des boîtes de camembert, des 45 tours, c'est la même chose, c'est une maladie, il y a toujours un nouveau truc, on ne s'arrête pas. Quand on cherche, il y a de la concurrence, c'est grisant, et quand on l'obtient on est heureux. Puis, ça repart. C'est sans fin." explique Jacques Marcou, collectionneur de tout ce qui a trait au Rolling Stones depuis leurs débuts en 1965, quand dans le café de son père, il a entendu le tube "Satisfaction"

Mon père tenait un café, et c'est en changeant de titre sur le jukebox que j'ai entendu pour la première fois le titre 'Satisfaction' en 1965. Ca a été le déclic. Depuis, je les suis dans toutes leurs tournées, je ramène à chaque fois quelque chose. Je suis toujours à la recherche d'objets, de CDs, de 45 tours, de copie pirates, d'exemplaires pour la presse... Les chercher c'est grisant, les trouver c'est un véritable plaisir. Je me suis installé une pièce où je range tout ce que j'ai collecté, j'y passe une heure par jour. C'est une vraie maladie de collectionner, ça ne s'arrête jamais."

Il existe différents types de collectionneurs 

Selon la docteure en psychologie Andy Marks-Amstrong*, qui étudie le phénomène des collectionneurs en vue d'un ouvrage, le collectionnisme provient d'un "désir inconscient initial d'obtenir et de retenir des données, des objets qui rappellent un moment heureux, une symbolique liée à un plaisir." Pour elle, il existe les collectionneurs intimistes, exhibitionnistes et obsessionnels. Le collectionnisme n'étant harmonieux que lorsqu'il ne porte pas atteinte aux autres aspects de la vie. 

Andy Marks-Amstrong, docteur en psychologie
Andy Marks-Amstrong, docteur en psychologie Crédits : Andy Marks-Amstrong
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Andy Marks-Amstrong :"Un collectionneur n'est harmonieux que lorsque sa passion n'empiète pas sur les autres aspects de sa vie"

*pseudonyme

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