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L'équipe de Hongrie et l'équipe de RFA, en finale de la Coupe du monde 1954

Le football se joue à 11

3 min
À retrouver dans l'émission

Retour sur un match devenu un mythe dans l’histoire du foot, la finale de la coupe du monde 1954, Hongrie-RFA !

L'équipe de Hongrie et l'équipe de RFA, en finale de la Coupe du monde 1954
L'équipe de Hongrie et l'équipe de RFA, en finale de la Coupe du monde 1954 Crédits : AFP

« Le football se joue à 11, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne »… Cet aphorisme de l’ancien attaquant anglais Gary Lineker puise ses premières racines lors de la Coupe du monde 1954 qui se joue en Suisse. Neuf ans après la fin de la seconde guerre mondiale, la République Fédérale d’Allemagne est en pleine reconstruction et se cherche une identité. Et le football va y contribuer largement.

Mais en 1954, personne ne mise sur la Mannschaft !

Non ! Composée en grande partie de joueurs amateurs, l’équipe entraînée par Josef (Sepp) Herberger, a traversé le premier tour sans panache, avec notamment une lourde défaite face à la Hongrie, le grand favori de cette Coupe du monde : score final 8-3 !

A cette époque, les Hongrois sont invaincus depuis 4 ans. Ils ont remporté 27 des 31 derniers matches. Personne ne résiste à cette équipe qui, dans cette période de guerre froide, est le porte-drapeau du Bloc de l’Est…

Et donc « Allemagne – Hongrie »…en finale !

A l’issue des poules, des quarts et des demi finales, les deux équipes se retrouvent en finale le 4 juillet 1954 à Berne… Sous la pluie… Comme prévu, les Hongrois déploient leur football d’allégresse. Et ils mènent rapidement 2 à 0.

Mais la pluie redouble… Et les Allemands disposent d’un atout. Ils portent des chaussures à crampons vissés, qui les empêchent de glisser sur le terrain boueux. Procédé révolutionnaire mis au point par un certain Adi Dassler ; le père de la marque Adidas, qui réussit là un joli coup marketing. Egalisation des Allemands juste avant la mi-temps, et la victoire est arrachée sur un but d’Helmut Rahn, à 5 minutes de la fin. L’arbitre anglais ayant refusé un dernier but aux Hongrois –ce qui sera interprété à l’Est, par certains, comme un geste politique.

C’est le « miracle de Berne » ?

« Das Wunder von Bern »… Cette victoire provoque un déferlement de joie en RFA. 50 millions d’Allemands ont suivi le match à la radio, et beaucoup se précipitent le long des voies ferrées pour acclamer leurs héros, en route pour Münich, où 300 000 bavarois les attendent pour une grande parade. Quelques jours plus tard, dans le stade olympique de Berlin, devant 80 000 Berlinois, le Président de la République fédérale allemande, Theodor Heuss, remet aux joueurs la « Silbernes Lorbeerblatt », la plus haute distinction sportive créée en 1950.

Signe d’une réhabilitation du pays… ?

Peut-être… Les Allemands s’identifient à ces héros ordinaires qui ont affronté –et vaincu—des adversaires sur un autre terrain que la guerre. « Nous sommes de nouveau quelqu’un », entend-t-on dans les rues, où les têtes se redressent. Le journal Die Welt titre « Un triomphe sans précédent – Devant cette force, la Hongrie capitule » Ce succès renforce l’identité nationale. Après 1954, l’Allemagne sera sacrée en 1974 (à domicile), en 1990 et en 2014. Sans oublier les victoires à l’Euro en 1972, 1980 et 1996…

Mais cette médaille d’or de 1954 a un revers : le dopage.

Quelques jours après la finale, certains joueurs sont étrangement frappés par une jaunisse. Et la rumeur enfle... En 2010, une étude commanditée par le Comité olympique allemand et menée par des chercheurs de l’Université de Leipzig a démontré que les joueurs étaient dopés à la Pervitine : une amphétamine semblable à celle qu’absorbaient les soldats pendant la seconde guerre mondiale.

Malgré tout, en 1954, « Le miracle de Bern » devint un lieu de mémoire de la nation ouest-allemande. Et aujourd'hui, la légende perdure !

Suite de l’histoire, ce soir…

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