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Simone Veil en 1993

Simone Veil : "Nous ne sommes jamais sortis de la Shoah, nous vivons dans la Shoah"

1h51

Pour ce dernier temps de notre journée hommage à Simone Veil, nous vous proposons un entretien au long cours qu'elle avait accordé en 2007.

Simone Veil en 1993
Simone Veil en 1993 Crédits : James Leynse/Corbis - Getty

Ça me dit l’après-midi... Simone Veil (première diffusion le 13 janvier 2007)

par Frédéric Mitterrand. Réalisation : Marie-Ange Garrandeau

Invitée en tant que présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (fonction qu'elle a exercée depuis sa création en 2000 jusqu'en 2007), Simone Veil revient sur la place fondamentale des Justes dans l'histoire de la seconde guerre mondiale en France. Elle témoigne de son expérience des camps et de son retour à Paris : "Ce qui est sûr c'est que on ne tenait pas à parler de nous".

Au cours de ce long entretien, Simone Veil évoque tour à tour la culpabilité des rescapés, l'intérêt des jeunes générations qu'elle voit dans son travail auprès des élèves, son refus de penser comme Hannah Arendt que "les gens soient prêts à faire n'importe quoi" et raconte avec émotion qu'"il y avait beaucoup plus dans les camps de fraternité qu'on ne l'a dit entre les déportées elles-mêmes" et que même dans des conditions si difficiles "les gens sont restés des êtres humains quand même".

Elle s'exprime ensuite sur le négationnisme, "ce qui m'inquiète plus, c'est lorsque l'on banalise la Shoah" et concernant les autres génocides elle précise sa pensée : "je crois qu'il faut faire très attention, pour les uns et pour les autres d'ailleurs, de ne pas les comparer, parce que les raisons sont toujours très différentes".

A la fin de l'entretien, Simone Veil, première présidente du Parlement Européen, exprime une foi en l'Europe qui remonte très loin, "au fond dès que je suis sortie du camp, très tôt" affirme t-elle. Elle a su que "c'était la seule façon d'en sortir".

Dans ce convoi où j'étais nous sommes tout de même assez nombreuses à être rentrées. Les conditions sont moins dures, les Allemands commencent à avoir peur, nous n'avons passé qu'un hiver et passer deux hivers c'est pratiquement impossible. Des premiers convois déportés en 42 ou 43, presque personne n'est rentré.

Intervenants
  • Femme politique qui a fait adopter en 1974 la loi dépénalisant l'avortement, décédée le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans.
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