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Abbas Fahdel dans les studio de Radio-France

Abbas Fahdel: Irak année zero

45 min
À retrouver dans l'émission

Le réalisateur Irakien, Abbas Fahdel est le réalisateur du film « Irak : année zéro », un documentaire sur les conséquences de la guerre qu’ont menée les Etats-Unis en Irak entre 2003 et 2011. Il rencontre Laure Adler pour évoquer son parcours et livrer son analyse sur la situation actuelle en Irak.

Abbas Fahdel dans les studio de Radio-France
Abbas Fahdel dans les studio de Radio-France Crédits : Samuel Bernard Blatchley

Abbas Fahdel est né à Babylone, une ville située à 100 kilomètres de Bagdad. « A huit kilomètres des ruines de l’ancienne Babylone. (…) Dès l’enfance, on est imprégné par l’idée qu’on appartient à une vieille civilisation ». Son père était cuisinier de la prison de Babylone, « une prison politique. La plupart des prisonniers du régime, y compris de Saddam, étaient là-bas à Babylone. La plupart étaient des communistes et des progressistes ; donc mon père qui était un homme du peuple et n’a jamais fait l’école, était imprégné un peu par leurs idées. »

Comment lui est venu le virus du cinéma ? Il le doit à son père avec qui il sortait quotidiennement dans les salles sombres de Babylone. « A la sortie de l’école j’allais le retrouver parce que lui, après le travail, il sortait à quatorze heures de la prison, rentrait à la maison et fabriquait des (…) boreks. (…) Des espèces de crêpes sucrées-salées. Après il allait les vendre dans la ville avec une charrette. Moi je le rejoignais. On finissait le tour de la ville devant l’une des trois salles de cinéma, et on allait voir un film, comme ça, avant de rentrer à la maison.»

Véritable boulimique du cinéma, Abbas Fahdel allait voir « dès l’âge de cinq ans, (…) des films égyptiens, indiens, des comédies musicales, des mélodrames, des westerns spaghettis, des péplums, de temps en temps un Hitchcock». Parfois, il y passait les réalisations de Michelangelo Antonioni ou de Joseph Losey, des films « qui ne ressemblaient pas au cinéma tel que je le concevais. Et cette curiosité-là m’a poussé à (…) partir après le baccalauréat en Europe pour étudier le cinéma et devenir metteur en scène. »

Il part en France un peu par hasard. « Je ne parlais pas un seul mot de français. Mais à dix-sept ans, un ami (…) m’a dit qu’il y avait une projection à l’Institut Français de Bagdad. (…) Il allait y avoir « Jules et Jim » de François Truffaut. Donc on a pris le bus de Babylone à Bagdad. (…) La projection a eu lieu, c’était l’été, la nuit, dans le jardin de l’Institut Français. (…) Je n’ai pas tout compris, mais j’ai aimé le film. Je suis tombé amoureux de Jeanne Moreau et de la langue française. (…) Je me suis dit : il faut absolument que j’aille en France pour apprendre le cinéma et puis pour apprendre la langue française ; et éventuellement pour rencontrer Jeanne Moreau, que j’ai rencontrée bien plus tard… »

Abbas Fahdel évoquera ensuite son film « Irak : année zéro », la guerre en Irak,Les difficultés que vit sa famille qui est restée en Irak et celles de ceux qui sont partis...

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