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L'écrivain Aharon Appelfeld, en mai 2010, à Lyon.

Aharon Appelfeld : "L'écrivain qui m'est le plus proche, qui me parle le plus intimement, est jusqu'à aujourd'hui Franz Kafka"

44 min
À retrouver dans l'émission

L'écrivain israélien Aharon Appelfeld est mort le 4 janvier 2018 à l'âge de 85 ans. Invité de Laure Adler en 2013, il était revenu sur son incroyable parcours.

L'écrivain Aharon Appelfeld, en mai 2010, à Lyon.
L'écrivain Aharon Appelfeld, en mai 2010, à Lyon. Crédits : Ulf Andersen - Getty

Né le 16 février en 1932 en Roumanie, l'écrivain israélien est mort ce jeudi à l'âge de 85 ans. Romancier, poète, il était l'un des plus grands écrivains israéliens de langue hébraïque.En 2013, il avait conté sa vie hors normes au micro de Laure Adler. Fils de parents juifs assimilés germanophones, il vit une enfance heureuse avant l'avènement de la seconde guerre mondiale. 

En 1940, sa mère est tuée et Aharon Appelfeld connaît le ghetto, avant d'être déporté dans un camp en Transnistrie, en 1941. Âgé de 10 ans, il parvient à s'évader et se dissimule dans les forêts ukrainiennes avec différents voyous, comme il le raconte lui-même : 

La bande de criminels qui m'a recueilli dans la fôret était constituée de gens qui n'étaient pas des gens faciles. On peut dire qu'ils étaient violents et se comportaient avec violence à mon égard. Mais c'est chez eux, auprès d'eux, que j'ai réussi à protéger l'enfant qui est en moi, cet enfant qui avait gardé un immense espoir : que cette vie de criminel n'était que temporaire.  Et qu'après la guerre, je deviendrai ce que mes parents avaient espéré que je sois, c'est-à-dire un intellectuel européen. [...] Sans le savoir, les voyous avec lesquels j'étais m'ont inculqué les prémices de ce que peuvent être des règles d'écriture : ne parle pas lorsque le besoin ne s'en fait pas ressentir, ne dis que des choses de façon brève et concise, tais-toi lorsqu'il n'y a pas lieu de parler... Et ils se comportaient comme ça. Ils appliquaient eux-mêmes ces règles et sans le savoir j'ai accueilli en moi cette graine qui a poussé ensuite et qui m'a servi au moment où moi-même j'ai commencé à écrire.

Il rejoint l'Armée rouge pendant plusieurs mois, avant d'embarquer pour la Palestine. 

Quand je suis arrivé en Israël, j'avais 13 ans et demi. Comme je n'avais pas vraiment été un écolier, j'ai eu du mal à apprendre l'Hébreu. Ca a été difficile pour moi. Mais lorsque j'ai découvert par moi-même la Bible, j'ai été fasciné par ce texte. Je m'installais chaque jour pour écrire et recopier un chapitre de la Bible, à proprement parler le recopier, lettre après lettre. J'aimais cette simplicité là, j'aimais cette capacité que la Bible a de parler des êtres sans trop en dire.

Pris en charge par un mouvement sioniste, Aharon Appelfeld arrive dans un camp de jeunesse, puis est intégré à une école agricole. Après son service militaire, il devient diplômé de l'Université hébraïque de Jérusalem. Dans les années 50, il décide de se consacrer à la littérature. Parmi les écrivains qui l'influencent, le romancier cite notamment Franz Kafka :

L'écrivain qui m'est le plus proche, qui me parle le plus intimement, est jusqu'à aujourd'hui Franz Kafka. [...] Sa pensée est une pensée biblique, lui aussi s'intéresse aux faits, et non pas aux ornements que la langue peut offrir à l'écrivain. [...] Kafka était tellement proche de moi. Pas seulement par la poétique de ses textes mais aussi parce que ses trois sœurs et la plupart de ses proches sont morts pendant la guerre, ont disparu pendant la Shoah. La mort des sœurs de Kafka le rapproche directement de moi, de mon expérience personnelle. 

Aharon Appelfeld.
Aharon Appelfeld. Crédits : - Radio France
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