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Alain Badiou
Épisode 1 :

"La musique, quelque chose qui me donne le sentiment de rassemblement de moi-même"

45 min
À retrouver dans l'émission

2013 |Alain Badiou est l'invité de Laure Adler pour cinq émissions "Hors-Champs". Dans ce premier temps, le philosophe convoque ses souvenirs sur son père mathématicien, ainsi que des grandes figures philosophiques que sont Sartre et Althusser.

Alain Badiou
Alain Badiou Crédits : Radio France

Ce premier entretien de "Hors-champs" avec Alain Badiou s'ouvre sur l'importance de la musique pour lui, "c'est un face à face avec moi-même" explique t-il et il ajoute "c'est une sorte de prologue ou de préliminaire à l'activité de penser". La pensée philosophique lui est venue par la connaissance des mathématiques, matière enseignée par son père qui fut également maire de Toulouse à la Libération. Sur sa découverte de la philosophie, il évoque tout d'abord l'importance de Jean-Paul Sartre chez qui il repère "ce débat entre la subjectivité comme malgré tout fondatrice de toute expérience essentielle et puis l'opacité et la nécessité même des structures du monde" et apprécie chez lui "ce sens de la formule". Mais il reconnaît aussi, du fait de son penchant pour le structuralisme, "une violente tension avec Sartre".

Mon rapport au Sartre écrivain, littéraire est resté secondaire en réalité... mais la lecture de L'Être et le néant, puisque c'est quand même ça qui a été décisif, ça a été la naissance d'une espèce de conviction émotive, en réalité, de quelque chose où on ne peut pas trop distinguer le conceptuel de l'affectif.

Ensuite, il évoque la figure extraordinaire de Louis Althusser, son professeur à l'Ecole Normale Supérieure, dont il loue son "extrême clarté" et "son souci fondamental que la philosophie soit contemporaine des sciences".

Interrogé sur son engagement maoïste, Alain Badiou affirme n'avoir "aucune espèce de remords". Il a vécu cette expérience comme "un terrain vague un peu incertain, un peu désorienté où on va chercher de nouveaux repères." Il y a surtout rencontré "l'événement, c'est-à-dire une brusque irruption tout à fait incalculable" qui vous transforme alors en devenant un "nouveau sujet que cet événement demande".

Pour moi, la mutation essentielle était subjective. Ce n'était pas l'idée que le monde allait changer d'un jour à l'autre, j'en voyais bien quand même, j'en mesurais les inerties, les pesanteurs, le conservatisme essentiel, mais c'était la possibilité qu'un événement vous convoque véritablement à une modification de la subjectivité tout entière, vous fasse faire autre chose que ce que vous faisiez précédemment et surtout découvre en vous des capacités que vous ignoriez. Et cela a été très important pour moi parce que c'est ce qui est devenue ma pensée de l’événement.

Pour ce premier entretien de la série, il s'agit d'une rediffusion du "Hors-Champs" du 19/03/2012.

Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France

Bibliographie

La République de Platon

La République de PlatonFayard, Paris, 2012

Intervenants
  • Philosophe, dramaturge, professeur émérite à l'Ecole Normale Supérieure

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