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Alicia Dujovne-Ortiz

45 min
À retrouver dans l'émission

Elle est à la fois romancière et journaliste, mais aussi biographe : parmi les personnages qu'elle a croqués, on trouve Maradona, Eva Perón, Dora Maar ou encore Saint Thérèse d'Avila. Son style coloré et vif infuse des textes d'où transparaissent un intérêt pour son Argentine natale, sa vie sociale et sa culture populaire. Alicia Dujovne-Ortiz est ce soir dans Hors-Champs .

Alicia Dujovne-Ortiz
Alicia Dujovne-Ortiz Crédits : Corinne Amar - Radio France

Dans son ouvrage-enquête Camarade Carlos , Alicia Dujovne-Ortiz a mené l’enquête sur le passé de son père : « Ce n’était pas qu’un membre du parti communiste mais un agent syndicaliste soviétique en réalité. Puis il a fini par comprendre ce qu’était vraiment le stalinisme. Il a alors quitté le parti. » Sa mère aussi était membre du parti et c’est là qu’ils se sont rencontrés. « Il s’est trompé, il a dit qu’il avait été trahi par l’Histoire mais c’était quelqu’un d’honnête. »

Cette enquête a été l’occasion pour Alicia Dujovne-Ortiz de partir pour l’Ukraine, terre de naissance de ses grands-parents, et d’essayer de faire la lumière totale sur mon père. « Mais il n’était pas méchant et je n’ai rien trouvé de compromettant. » Il était déçu et horrifié de ce qu’était devenu son idéal. Mais il avait gardé le silence. « J’adore fouiller derrière les dossiers, connaître la réalité derrière les secrets des familles. »

L’écrivaine a quitté son Argentine natale il y a plus de trente ans à cause de la dictature militaire. « Je me suis installée dans la France profonde, dans le Berry à côté des vaches. Il n’y a aucune mémoire, c’est un lieu beau et apaisant, qui m’est étranger. J’y suis une étrangère. » Elle explique que l’éloignement l’a justement aidée à mieux cerner l’Argentine. « Je ne sais pas si je me serais penchée vers les sujets de la culture nationale et populaire (le péronisme, le football, le tango), si je n’avais pas quitté ce pays. »

« On est enrichi quand on a choisi un autre pays pour vivre. » Le rêve de beaucoup d’Argentins c’est Paris, poursuit Alicia Dujovne-Ortiz. Entre la fin du 19e et la moitié du 20e, l’Argentine a reçu six millions d’immigrés. « L’identité argentine, ce n’est pas être une seule personne mais plein d’êtres à la fois, plein de mémoires, plein d’origines. Je me considère comme une Argentine de France. »

Romancière et biographe, Alicia Dujovne-Ortiz aime jouer avec ces deux genres littéraires. « On sait la différence entre roman et biographie quand on écrit. » Parfois, précise-t-elle, on veut se jeter à corps perdu dans le roman, et parfois on sait se mesurer à une histoire réelle. Mais les romans peuvent s’inspirer de la vie réelle, comme pour Femme couleur tango , inspiré par un tableau de Toulouse-Lautrec, une prostituée française, favorite du peintre, qui a émigré en Argentine. « Dans une biographie, je ne peux pas entrer dans la tête du personnage, ce sont des conjectures, quand je suis dans le roman, je peux même devenir le personnage, c’est plus viscéral… »

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Extraits sonores :

  • Jorge Luis Borges dans Radioscopie de Jacques Chancel, 10 décembre 1979, France Inter

  • Pierre Bourdieu dans Culture Matin de Jean Lebrun, 17 février 1992, France Culture

  • « Mi Buenos Aires querido » interprétée par Carlos Gardel, texte d’Alfredo Le Pera et musique de Carlos Gardel, 1934

  • Julio Cortázar dans Les après-midi de France Culture , 16 juin 1976, France Culture

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