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Anatoli Vassiliev

Anatoli Vassiliev : « ma légende commence pendant le temps des guerres »

45 min
À retrouver dans l'émission

Metteur en scène russe de renom international, Anatoli Vassiliev met en scène "La Musica" de Marguerite Duras au Vieux-Colombier à Paris. Il s'entretient avec Laure Adler

Anatoli Vassiliev
Anatoli Vassiliev Crédits : ALBERTO ESTÉVEZ - Maxppp

Anatoli Vassiliev est une légende du théâtre. Non sans nourrir quelques mythes et fantasmes. « Vous voulez que, moi aussi, je rajoute quelque chose à ma propre légende ? » demande-t-il d’un air amusé. Il concède que sa vie n’as pas été un long fleuve tranquille, « ma légende commence pendant le temps des guerres, pendant la deuxième guerre mondiale, pendant le temps des évacuations. ».

Exilé dès l’enfance, Anatoli Vassiliev a parcouru la Russie de bout en bout. Depuis 2006, il n’y habite plus du tout : « j’ai été forcé de m’enfuir de Russie. Ici, je suis en exil, et je ne suis plus là pas parce que je n’aime pas la Russie car, profondément, je suis un homme russe». Il a trouvé refuge en France, qui est devenue sa « deuxième patrie ». Son refuge, c’est aussi La Comédie Française. « beaucoup de gens qui rêvent de pouvoir monter des choses sur cette scène impériale, royale, pour obtenir la gloire ou pour être connu. Pour moi, c’est (…) autre chose parce que je suis venu à la Comédie Française et j’y ai trouvé ma maison. (…) C’est une légende, (…) pour moi.»

Anatoli Vassiliev au studio 131 de la Maison de la radio
Anatoli Vassiliev au studio 131 de la Maison de la radio Crédits : Samuel Bernard Blatchley

Comme le grand dramaturge Vsevolod Meyerhold, il est né à Penza, en 1942, « pendant la guerre parce que ma mère était obligée de s’enfuir ». Une fuite qui le mènera jusqu’en Sibérie. « Après, j’ai continué dans des lieux différents, des endroits différents. Je ne suis jamais resté longtemps dans un seul lieu. J’ai même habité à Baku en Azerbaïdjan, quand j’étais un petit garçon. (…) Après j’ai déménagé à Rostov-sur-le-Don. C’est une ville du sud. J’ai fini mes études d’université là-bas ».

Il travaille en Sibérie, puis fait son service militaire au Kazakhstan. « Après, on peut dire que je suis devenu un marin, un matelot ». Dernière escale avant les planches. « J’aimais tellement l’océan que je pense que je pouvais rester là-bas pour toujours si ce n’étais pas pour le théâtre. » Amoureux transi de la mer, il se souvient du « bonheur pur de l’océan, de la mer, de cette eau, de cet espace, de ces vagues qui viennent, de ce soleil… Je ne peux pas survivre sans ça. »

« J’ai choisi le théâtre (…) parce que, le théâtre c’était mon amour d’enfance. J’étais vraiment très petit quand on m’a amené au théâtre regarder un spectacle ». Pourquoi est-il devenu metteur en scène ? Il évoque un souvenir d’enfance. Lorsque, petit, au « quartier assez pauvre » de Rostov-sur-le-Don, dans un « appartement partagé par quelques familles », il habitait « cette petite chambre » avec cette « fenêtre qui donnait sur le bâtiment en face (…) ce mur jaune,(…) cette lumière jaunâtre », le jeune Anatoli Vassiliev et a vu, sur le plancher, « quelque chose d’un peu étrange » : une pellicule de film. « Je n’avais jamais vu rien de pareil de toute ma vie ! » Cette pellicule étrange sur le plancher lui fait poser des questions. «Quelqu’un simplement a ramené ça de Moscou » lui dit un adulte. « Mais qui est capable de faire ça ? » s’interroge-t-il, « Un cinéaste. C’est comme un metteur en scène au théâtre». C’était devenu son rêve, devenir cinéaste ou metteur en scène.

"La musica" par Marguerite Duras mis en scène par Anatoli Vassiliev:

http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=1477&id=520

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