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Portrait d'Anna Karina en 1972

Anna Karina : "Les actrices pendant la Nouvelle Vague étaient très féministes"

45 min
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Un film vient spontanément en tête lorsque son nom est évoqué : Pierrot le fou. Elle est l'icône emblématique de la Nouvelle Vague. En 2011, elle était l'invitée de Laure Adler pour parler de son enfance mouvementée, de sa rencontre avec Jean-Luc Godard, de sa carrière.

Portrait d'Anna Karina en 1972
Portrait d'Anna Karina en 1972 Crédits : Michael Ochs Archives - Getty

Précision : l'actrice et chanteuse Anna Karina, est morte ce dimanche 15 décembre à l'âge de 79 ans, des suites d'un cancer. Elle fut l'invitée de France Culture à de nombreuses reprises, notamment de Laure Adler en mars 2011.

Son vrai nom ? Hanne Karin Bayer. Elle connait une enfance mouvementée au Danemark, ballottée d'un lieu de vie à l'autre au gré des rencontres amoureuses de sa mère : "Ce qui m'a bouleversée, c'est que je n'ai jamais, jamais pu connaître mon vrai papa qui était capitaine. Ma mère s'est mariée très vite avec mon premier beau-père, qui est donc devenu mon père et que j'adorais. Et puis après, ma mère, hélas, est partie avec le meilleur ami de mon premier beau-père. C'est là où ça a commencé à coincer." Sa mère issue d'un milieu très modeste s'est mise à travailler très jeune et ne pouvait pas s'occuper de la petite Hanne. Elle est donc placée à l'âge de sept ans en pension : "C'était un peu triste, mais ça ne m'a pas vraiment gêné".

"Quand elle marche, on a l'impression qu'elle danse"

Très indépendante très jeune, à l'âge de quatorze ans elle est repérée pour poser pour des magazines et surtout jouer dans un premier court métrage, La Fille aux chaussures du réalisateur Ib Schmedes : "Je suis dans la rue et quelqu'un m'a demandé si je voulais faire des essais pour faire un court métrage. J'ai dit que je ne pouvais pas puisque j'étais mineure. Ib Schmedes a demandé à ma mère qui a dit oui. Il m'a choisie parce qu'il a dit à ma mère, "vous savez, quand elle marche, on a l'impression qu'elle danse"."

Coco Chanel : "Hanne Karin Bayer, ça ne va pas. Tu t'appelleras Anna Karina"

Un beau-père violent la décide à partir pour Paris. Elle y est vite remarquée et entame une carrière de mannequin. A 17 ans, elle apparaît dans une réclame pour les savonnettes Palmolive. Au journal Elle, elle croise la route de la couturière Coco Chanel alors qu'elle se trouve au maquillage pour une séance photo : "Il y a cette dame extraordinaire qui a dû entendre que je disais en anglais à la maquilleuse que je voulais être comédienne. Et elle a dit : "Ah! Et tu t'appelles comment ? Je m'appelle Hanne Karin Bayer". Elle a réfléchi 30 secondes et m'a dit : "Non, ça ne va pas. Tu t'appelleras Anna Karina!" C'était Coco Chanel".

"Moi je ne me déshabille pas !"

Jean-Luc Godard l'ayant aperçue dans les films publicitaires Palmolive, prend contact avec elle pour lui proposer un petit rôle dans A bout de souffle. Cet homme aux lunettes noires ne la rassure pas au point que lorsqu'il lui précise qu'il faudra se déshabiller pour le rôle, elle lui répond : "Moi je ne me déshabille pas !" Elle part. Quelques mois passent. Elle reçoit un télégramme : "Mademoiselle, c'est peut-être pour le rôle principal. Signé Jean-Luc Godard". Nouveau rendez-vous est donc pris dans le bureau du producteur Georges de Beauregard. Ayant refusé une première fois un rôle, l'actrice n'est pas trop sereine : " Godard me regarde longuement tout en disant :"Oui, oui, oui, oui". Et ajoute : "Bon, c'est d'accord, vous faites le rôle principal dans le film que je vais faire". La première chose que je demande c'est si il faut se déshabiller. Il me dit : "Pas du tout, pas du tout, c'est un film politique. Venez signer votre contrat demain." Mais je ne peux pas signer, je suis mineure. Et là, il  me regarde et me répond : "Oh la la la la !" (Rires). Elle obtient donc le rôle principal du Petit Soldat, un film contre la guerre d’Algérie tourné en 1960 qui sera interdit par la censure gaulliste et ne sortira en salle qu'en 1963. La fin du tournage marque le début de leur histoire d’amour. Ils se marient le 3 mars 1961. Suivent six films, un record entre un cinéaste et une actrice, dont Une femme est une femme (prix de la meilleure interprétation au Festival de Berlin en 1961), Vivre sa vie (1962) et Pierrot le Fou, avec Jean-Paul Belmondo.

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