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Avi Mograbi

Avi Mograbi: "Vous ne voudriez pas être palestinien en Israël, croyez-moi."

44 min
À retrouver dans l'émission

Dans ses films, le cinéaste israélien Avi Mograbi interroge la situation en Israël. Réalisateur de "Dans un jardin je suis entré" et de "Z32", il révèle ses positions lors d’un entretien avec Laure Adler pour Hors-champs.

Avi Mograbi
Avi Mograbi Crédits : Corinne Amar - Radio France

Jeune, Avi Mograbi rêve de devenir réalisateur. Ce qui, dans sa famille, n’était pas forcément vu d’un très bon œil. « J’ai toujours voulu être réalisateur mais mon père pensait que c’était une très mauvaise idée, parce que les réalisateurs de cinéma ne gagnent pas beaucoup d’argent. Il a eu raison d’ailleurs, j’avoue que je ne gagne pas ma vie de la réalisation de films, j’enseigne pour gagner ma vie. Mais en fin de compte, je me suis rebellé contre mon père, de cette manière et aussi, d’autres façons. »

Pour Avi Mograbi, dont les films offrent souvent un regard critique vis-à-vis des politiques menées par le gouvernement israélien, s’il existe une censure en Israël, celle-ci n’est « pas explicite ». « C’est de l’autocensure.(…) Il n’y a pratiquement aucune situation dans laquelle une institution officielle vous dit : ça vous ne pouvez pas le faire ». Israël, est-il pour autant un pays démocratique ? Selon-lui, la situation est ambiguë, « jusqu’à récemment, je vous aurais dit qu’Israël est une démocratie merveilleuse, si vous êtes juif. Aujourd’hui, même cela, je pense qu’on est en train de le remettre en cause. Récemment, la cour suprême a approuvé la loi qui interdit aux citoyens israéliens d’appeler au boycott d’Israël ou au boycott des colonies. (…) C’est une atteinte à la liberté d’expression. Autrefois on pensait parfois que les Palestiniens ne jouissaient pas de la démocratie, aujourd’hui il y a des Israéliens qui ne jouissent pas de la démocratie. »

Si Israël est un pays multiculturel dans lequel « il y a des Juifs qui sont israéliens, il y a des Musulmans, des Circassiens, des Druses, des Bédouins », mais ces différentes communautés ne vivent pas à égalité : « il est évident que les Juifs israéliens sont les patrons, les propriétaires. Les autres sont égaux, mais un peu moins égaux que les autres. (…) Je ne pense pas que les Palestiniens israéliens, même les Bédouins, qui eux, font leur service militaire, (…) aient le sentiment d’être égaux aux autres. ». Pour lui, si l’égalité devant la loi existe effectivement en Israël, cette réalité se traduit difficilement dans les faits « Les Arabes représentent 20% de la population israélienne, combien de localités arabes, à votre avis, ont été créées depuis 1948 ? Eh bien aucune. (…) Les Arabes en Israël souffrent [aussi] d’un manque de budget (…). L’enseignement dans les villes et les villages arabes n’est pas le même, que ce soit du point de vue du niveau d’enseignement que du budget. Les budgets de santé sont différents que les budgets juifs. (…) Vous ne voudriez pas être palestinien en Israël, croyez-moi... »

Archives son:

Extrait de "Dans un jardin je suis rentré", 2013

Bibliographie

Z32

Z32Epicentre Films, 2014

Intervenants
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