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Bertrand Chamayou

44 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Bertrand Chamayou , pianiste

Bertrand Chamayou
Bertrand Chamayou Crédits : Corinne Amar - Radio France

« Je me suis senti tout de suite bien dans l’univers de la musique. » Enfant, quand il commence à apprendre le piano, il n’y a chez Bertrand Chamayou qu’un vieux piano droit de famille qu’il a gardé jusqu’à l’âge de quatorze ans. A cette époque, il veut déjà aller vite, déchiffrant des partitions trop difficiles pour lui, improvisant et s’essayant même à la composition, tout en écoutant des musiciens modernes pour savoir ce qui se faisait en matière de création contemporaine. « J’étais doué pour la musique car j’avais une bonne oreille et j’étais assez doué pour la composition, par contre j’étais très indiscipliné et je ne faisais pas mes gammes correctement. »

Son idole de jeunesse était Pierre Boulez. C’est donc un véritable rêve qui s’est matérialisé la première fois qu’il a partagé un concert avec cette figure mythique de la musique contemporaine. « C’était une figure légendaire, je n’imaginais pas que cette personne aurait pu un jour m’adresser la parole. »

C’est le fait d’être un créateur qui l’intéresse. Pour Bertrand Chamayou, le piano était un objet, une machine à faire des sons qui lui permet d’improviser, de trouver des combinaisons sonores. Il adore le principe même de construction, « et même dans les jeux d’enfants. Quand on me demandait de dessiner une maison, je ne faisais pas juste un petit carré avec un toit mais j’essayais de faire quelque chose d’élaboré. Ca doit être mon côté mégalo. » L’interprétation c’est venu naturellement, elle a pris le pas sur la composition, mais ce n’est qu’une parenthèse, explique-t-il, « même si cette parenthèse commence à devenir longue. »

Il a toujours eu la chance d’avoir un peu bonne presse, d’être perçu comme un musicien flexible, pouvant jouer tous les répertoires, jouer aussi bien sur des instruments anciens que de la musique contemporaine. « Mon travail d’interprète c’est d’être en empathie avec le compositeur. » Et certains compositeurs lui semblent plus familiers comme Franz Liszt par exemple. « Chacun va avoir un rapport subjectif à une partition : la justesse d’une interprétation dépend de chaque musicien… »

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