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Chantal Akerman

44 min
À retrouver dans l'émission

Hors-Champs rend hommage à la cinéaste belge Chantal Ackerman à l’occasion de la sortie de son film posthume « No Home Movie » consacré à sa mère. Rediffusion du 12 janvier 2012.

Chantal Akerman se rappelle son enfance, lorsque ses parents s’efforçaient de respecter la tradition religieuse, en raison de son grand-père « j’adorais mon grand père » dit-elle, « mais pour mon père et ma mère c’était difficile. (…) Mon grand père regardait chaque geste que ma mère faisait, pour voir si elle le faisait dans le sens de la loi juive. Et puis ce pauvre homme est mort, et moi on m’a enlevée tout de suite de l’école juive. »

Son père, qui « faisait un métier qu’il n’aurait pas voulu faire » fut, dès l’âge de dix-huit ans, tenancier d’une fabrique de gants ; avec laquelle « il faisait vivre son père, sa mère et ses trois sœurs ». Survint ensuite la guerre : « tout le monde s’est caché un peu partout. Du côté de mon père, personne n’a été pris, du coté de ma mère, quasiment tout le monde a été pris. ». De cet héritage familial, Chantal Akerman ressent fortement le poids pendant sa jeunesse, « quand on est la fille de quelqu’un qui a été aux camps, on se met un peu à l’arrière.(…) C’est ce que j’ai fait.». C’est probablement ce qui l’a conduite à quitter sa famille, le lycée, et partir pour Paris dès l’âge de dix-huit ans.

De ses premières inspirations, Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard est incontournable, « pour la première fois je me suis rendue compte que le cinéma c’était un art ; et qu’il parlait de nous et avec nous. Et je voulais écrire, et tout d’un coup, quand j’ai vu ce film là, je me suis dit: c’est comme de l’écriture. Oui c’est de l’art. ».

Après un rapide séjour à Bruxelles dans une école de cinéma, Chantal Akerman s’envole pour les Etats-Unis à New York où elle rencontre l’avant-garde de l’époque, « tout le monde travaillait ensemble, (…) c’est très peu de gens, (…) et moi j’ai eu une chance folle parce que j’aurais pu être là et passer à côté. ». Au fil des rencontres, on lui fait « tout découvrir, (…) j’ai connu tout le monde à ce moment là. Et moi j’ai vingt et un ans».

A New York, elle décide « de continuer à faire du cinéma », réalisant, entre autres, « Hôtel Monterey », survivant de petits boulots : « j’ai fait mille et un métiers, notamment, j’étais caissière à la caisse d’un cinéma porno-pédé, j’ai volé des milliers et des milliers de dollars et j’ai fait avec ça deux, trois films. ». De ces premières aventures, Chantal Akerman gardera cette liberté de ton et cette indépendance, aussi bien dans sa vie que dans son oeuvre...

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