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Christian Boltanski dans son atelier de Malakoff, le 9 Novembre 2009.

Christian Boltanski : "Autant j'aime la vie, autant la mort doit être intégrée à notre vie"

44 min
À retrouver dans l'émission

Christian Boltanski était l'invité de "Hors-champs" en 2009. Dans cet entretien rediffusé en 2013, il s'exprime sur son enfance, ses rapports compliqués à ses parents et comment cela se répercute dans son travail artistique qui met en scène l'absence des personnes.

Christian Boltanski dans son atelier de Malakoff, le 9 Novembre 2009.
Christian Boltanski dans son atelier de Malakoff, le 9 Novembre 2009. Crédits : Joël Saget - AFP

Au micro de Laure Adler dans l'émission "Hors-champs", Christian Boltanski livre sa réflexion sur les différentes étapes de notre vie qui nous font mourir et vivre plusieurs fois, "on est vivant plusieurs fois, on meurt constamment", médite-t-il. Il revient sur l'histoire de son père d'origine juive, qui est resté caché sous le plancher de l'appartement familial pendant un an et demi durant l'Occupation. Il raconte cette "impression de danger" qui a suivi la période de la guerre, la peur d'être dénoncé. Ce récit initiatique l'a formé pense-t-il, "mais chacun de nous a cet événement premier".

Dans un moment de grande émotion, Christian Boltanski confie ne pas savoir où sont enterrés ses parents, il ne sait même pas s'il y a une tombe ou non. Il voit là une grande étrangeté quand il met en parallèle son travail d'artiste qui consiste à "conserver des gens", à "sauver", mais il sait que ce n'est qu'un "échec", car "il n'y a aucun moyen de conserver qui que ce soit, ni de rien sauver".

Au sujet de ses œuvres, Christian Boltanski oscille entre "le plus personnel" et "le plus universel" et c'est ainsi qu'il pense que "la beauté d'une œuvre d'art est quelque chose de suffisamment ouverte, pour que chacun puisse lire ce qu'il veut lire". Il conçoit ses œuvres comme "une partition musicale" qui sera amenée à être rejouée ailleurs, différemment. "80% de ce que je fais sont détruits après avoir été montrés", explique-t-il.

(rediffusion de l'émission du 30 novembre 2009)

Dieu ou le destin ou le hasard ou le maître du temps, je ne sais pas comment on peut l'appeler, ne nous voit pas. Il ne nous voit pas et il y a aucun lien entre lui et nous. Et peut-être que l'une des choses qui nous fait humain, c'est d'essayer de lutter contre lui, essayer de lui cracher au visage, mais naturellement, un jour il nous rattrape. Et la fierté d'être humain c'est d'essayer de lutter contre lui.

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