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Didier Blonde

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Didier Blonde, écrivain français auteur de faire le mort (ed. Gallimard, 2001), Les fantômes du muet (ed. Gallimard, 2007) et Leila Mahi 1931. Une enquête (ed. Gallimard, 2015), roman pour lequel il a obtenu le prix Renaudot de l’essai 2015. Eclectique, il rédige des romans, des nouvelles, des essais et des récits autobiographiques. Ce professeur agrégé de lettres modernes revient aujourd’hui sur son amour de la littérature, son parcours d’écrivain et d’enseignant.

Didier Blonde
Didier Blonde Crédits : Corinne Amar - Radio France
Didier Blonde
Didier Blonde Crédits : Corinne Amar - Radio France

Didier Blonde est embarrassé par son nom depuis l’enfance: « reconnaissez que c’est pas un nom très courant, pas facile. (…) Toute sa vie, on passe à tourner autour de son nom (…) soit on s’y confronte, soit on passe à coté, soit on le revendique ou on le dissimule ». Mais il y trouve aussi une source d’inspiration : « j’ai souvent étudié les noms des autres Baudelaire par exemple a eu souvent les mêmes difficultés. ». Hanté par le fait d’être nommé, il se penche sur la question de l’anonymat « les films muets sont très intéressants pour ça » car, dans les films muets, les personnages ne portent souvent pas de nom.

Personnage de prime abord discret sinon réservé, il évoque son rapport à la parole : « Pendant longtemps j’ai eu beaucoup de difficulté avec la parole. Il y avait quelque chose qui nous trahissait trop vite (…) et puis il y a peut être simplement des questions de timidité ». Le métier d’enseignant a d’ailleurs été une mise a l’épreuve : « Les toutes premières fois, j’étais terrorisé. Lors du tout premier cours que j’ai fait, qui était presque une initiation (…) comme pour esquiver ma timidité, j’ai pris un accent comme si c’était une protection. A ce moment là, je me permettais d’être un autre, un peu à distance. Puis très vite après c’est devenu très très bien. (…) En cours, je pense que c’est parce que je ne parle pas de moi, c’est très facile. »

Dans ses romans, son père est omniprésent : « ah vous avez remarqué ! (…) J’y accorde peu d’espace, mais c’est essentiel (…) souvent sans préméditation », il parlait pourtant peu avec son père, « il était quasiment sourd, ce qui ne facilitait pas la communication, mais il y a aussi un langage qui passe par un regard, des silence . (…), dit il, On s’est mis beaucoup à se parler depuis sa mort. C’est pas simplement une formule rhétorique ou une métaphore, je poursuis vraiment le dialogue avec lui (…) Et contrairement à ce que l’on peut croire, on ne fait pas dire ce qu’on veut aux morts. ».

Captivé par thème de la mort, Didier Blonde fait souvent parler les fantômes dans ses écris; art de la nécromancie qu’il pratique sur des personnages tirés du cinéma et de la littérature: « Ils viennent souvent tous seuls (…) à travers des images de figurants, de disparus, de figures, celles du cinéma muet. » « Vous savez tout le monde a déjà fait cette expérience, en sortant d’une projection d’un film muet, on est convaincu de les avoir entendu parler (…) Tous ces morts, j’essaye de les faire parler . »…

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