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Etienne Balibar

Etienne Balibar, « nous avons fait Althusser autant qu’il nous a fait »

45 min
À retrouver dans l'émission

Le philosophe Etienne Balibar s'entretient avec Laure Adler. Cet ancien élève de Louis Althusser publie « Europe, crise et fin ». Il évoque son parcours de philosophe et livre son regard sur l’actualité.

Etienne Balibar
Etienne Balibar Crédits : Samuel Bernard Blatchley

Etienne Balibar s’oriente vers la philosophie à son entrée à l’École Normale Supérieure en 1960. « C’était la décision que j’ai prise (…) [de] choisir la philosophie comme discipline ; ou plus exactement de changer de discipline ». En fait, au départ il se voyait plutôt archéologue un « vieux rêve de jeunesse (…) un peu romantique », mais les cours « étaient affreusement poussiéreux ». Il décide donc « de changer d’orientation » et de faire de la philosophie. « Je suis allé voir le directeur de l’école (…) [et] il m’a dit : allez voir monsieur Althusser, (…) il vous fera faire une dissertation et si ça marche vous pourrez changer de côté. »

Il se souvient de l’Ecole Normale Supérieure comme d’un « petit microcosme » où « tout le monde croyait, en vertu de la structure hiérarchique de l’université française que c’était le lieu où tout se produisait». Une époque aussi où certaines personnes parmi l’élite intellectuelle se voyaient accompagner le peuple dans son émancipation, « il y a eu un populisme, au sens historique du terme, [qui était] très frappant». Une époque où lui-même passait son « temps à faire de la politique parce que c’était la fin de la guerre d’Algérie ».

Engagé à l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) puis à l’UEC (Union des Etudiants Communistes), il se souvient n’avoir pas été « un militant archi convaincu » mais qui se contentait « de participer à toutes les manifestations ou d’aider à les organiser ». C’est probablement cet engagement qui initiera son intérêt profond pour le marxisme qui engagera sa rencontre avec son enseignant, Louis Althusser.

A l’époque, Althusser était avant tout chargé de préparer ses étudiants à l’agrégation, il « nous faisait des cours sur Platon, sur Hegel ou Rousseau ». Il découvre, avec d’autres camarades de l’époque, l’intérêt d’Althusser pour Marx lorsqu’il publie, au printemps 1961 sur lui qui « fait tout un bruit dans le milieu de la philosophie contemporaine ». Ils vont alors voir Althusser pour engager avec lui un travail sur Marx ; et Althusser met en place un séminaire « qui a duré quatre ans ».

« [D’une certaine façon], on a inventé le structuralisme (…) dans notre petit milieu. Ou bien l’idée qu’il y avait cette convergence d’intérêt et de travaux entre la linguistique, l’anthropologie structurale, la psychanalyse… On a fait une année entière de séminaire sur Lacan ; et puis, quand toute cette préparation épistémologique a été à peu près mise en place, on a décidé, d’un commun accord, de consacrer une année entière à la lecture du capital de Marx. C’est pour ça que je dis que nous avons fait Althusser autant qu’il nous a fait… ».

ARCHIVE: - Louis Althusser, 24 septembre 1976.

Bibliographie

Europe: crise et fin?

Europe: crise et fin?Diagnostics, 2016

Intervenants
  • professeur émérite en philosophie à l’Université de Paris-Ouest (Nanterre)
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