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Hommage à Oliver Sacks

44 min
À retrouver dans l'émission

Un grand scientifique, un homme merveilleux. Oliver Sacks s'est éteint le 30 août dernier à New York. Neurologue de renom, il a dédié sa vie à l'exploration des mystères du cerveau humain. Ce soir, hommage à l'auteur de L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau avec la rediffusion de sa rencontre avec Laure Adler en janvier 2015.

Oliver Sacks
Oliver Sacks Crédits : Maria Popova

Enfant, Oliver Sacks souffrait de migraines ophtalmiques : « je pense que cette expérience vécue très jeune m’a poussé à étudier la neurologie, à étudier les migraines, sujet de mon premier roman. » Il hésita avec la psychiatrie, mais était beaucoup plus séduit par l’étude de l’organisme. « Je pense que c’est la providence qui m’a fait rencontrer mes patients atteints d’encéphalite léthargique j’ai rencontré des gens atteints de maux très difficiles capables d’en parler très clairement. »

Son maître : le neurologue russe Alexandre Luria. Il le vit pour la première fois à Londres en 1958, « mais j’étais trop timide pour aller lui parler ». Par la suite, ils échangèrent de nombreuses lettres, Luria ayant beaucoup aimé L’Eveil . « Je me passionne pour les grands cas cliniques du XIXe siècle, surtout en France et en Grande Bretagne. »

La musique, une chose essentielle dans la vie d’Oliver Sacks. « La seule chose que je peux voir les yeux fermés, c’est une image de moi en train de jouer du piano, les mains sur le clavier. » La musique l’aida à traverser des moments difficiles : il fut victime d’un accident de voiture qui amocha les muscles et nerfs de sa jambe. Après deux semaines, on lui demanda de marcher, mais « le mouvement n’était plus naturel pour moi. Jusqu’à ce que j’écoute le concerto pour violon de Mendelssohn. Cette mélodie m’a donné le rythme de la marche. Le pouvoir de la musique est quelque chose qui me fascine vraiment. »

Neurologue de renom, Oliver Sacks donna aussi une voix à ses patients. « Les défis auxquels on peut être confronté peuvent révéler des traits de caractère que nous soupçonnions pas. J’ai souvent été surpris par la force de ces patients qui vivent dans un grand désespoir pendant très longtemps pourtant ils arrivent à survivre comme êtres humaines. La maladie peut révéler des qualités insoupçonnées. »

Quelques jours avant son décès, Oliver Sacks publia un article dans le New York Times , un texte magnifique sur ses souvenirs, sur des moments de vie, un texte qu’il concluait ainsi : « Mes pensées dérivent sur le shabbat, le jour du repos, le septième jour de la semaine, et peut-être aussi le septième jour de la vie, quand l’on éprouve le sentiment d’avoir accompli quelque chose, et que l’on peut, en bonne conscience, se reposer. » *

Retrouvez l'intégralité de ce texte magnifique et émouvant intitulé "Sabbath" sur le site web du New York Times* (en anglais) : http://www.nytimes.com/2015/08/16/opinion/sunday/oliver-sacks-sabbath.html?_r=0


Extrait sonore :

Concerto pour violon en mi mineur , opus 64, de Félix Mendelssohn, 1838-1844

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