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HORS-CHAMPS EN ISRAËL : Nadav Lapid

44 min
À retrouver dans l'émission

"Hagar est assez belle.

Assez pour moi.

Assez pour moi.

Une pluie d'or tombe sur sa maison.

Véritable soleil de Dieu."

Nadav Lapid, L'Institutrice , Blaq Out, 2015

Laure Adler s'entretient avec Nadav Lapid , cinéaste

Nadav Lapid
Nadav Lapid

« J’ai été attiré par cette infinie possibilité de couleurs qu’offre le cinéma. » Pour Nadav Lapid, l’un des grands avantages du cinéma, c’est que l’on n’est pas obligé d’avoir toujours raison, qu’on peut même être du côté de ceux qui ont tort. « Le cinéma, l’art et la littérature permettent de prendre toutes les positions en même temps. »

D’ailleurs, la caméra de Nadav Lapid adopte toutes les positions : elle peut être portée à distance, invisible, sans conscience de ce qu’elle montre. « La caméra est juste posée là. » Si les comédiens veulent nous approcher, ce sont eux qui doivent provoquer le gros plan. La caméra peut aussi être ultra subjective, comme par exemple au début de L’Institutrice , quand on voit un homme qui regarde la télévision et qui, en se levant, donne un coup dans la caméra : « La caméra ne peut plus rester muette, elle tremble. »

Cette caméra filme des visages énigmatiques ce genre de visages fascine Lapid : « vous pouvez les regarder encore et encore, vous ne serez pas capables de deviner ce qui se passe dans leur tête. » Entre cette institutrice et le petit Yoav, il y a un secret qu’on ne parvient pas à déchiffrer : plus on les regarde, plus le mystère s’approfondit. « On veut toujours savoir pourquoi untel fait ça ou dit ça. Moi je trouve qu’il y a le contraire ici. C’est le mélange entre un sentiment d’une grande proximité et une incompréhension de leurs comportements. »

Nadav Lapid nous faire ressentir de l’empathie pour ses personnages, même s’ils ne sont pas toujours sympathiques. Ce qui l’intéresse, c’est le mélange entre les intentions des personnages et les personnages eux-mêmes. « Soutenir les actes d’un personnage ne m’intéresse pas. Mais s’approcher au plus près jusqu’à sentir son haleine, c’est ça le plus intéressant. »

Ce que l’on ressent en tout cas, c’est bien la force des mots du petit garçon de L’Institutrice , poète prodige, génie des vers. Un portrait en miroir pour Nadav Lapid qui, entre l’âge de quatre et sept ans, avait l’habitude de déclamer des poèmes en faisant les cent pas, des textes sur l’amour impossible, sur une vie désenchantée, sur la mort. Sa nourrice, comédienne comme dans le film, transcrivait ces poèmes et plus de cent quinze textes se sont accumulés dans un tiroir : « Un de mes premiers souvenirs fut ma décision d’arrêter de faire de la poésie, vers six ans et demi. J’ai compris qu’être un poète était une position de faiblesse pour un jeune homme israélien. » Au bout de trente ans, il ouvre le tiroir, relit les poèmes. « C’est là, la naissance de ce film… »


ZOOM Nadav Lapid : "Le cinéma, comme la vie, permet mille réponses possibles"
Nadav Lapid explique pourquoi il a choisi de faire du cinéma :

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Nadav Lapid : "Le cinéma, comme la vie, permet mille réponses possibles"

L'INVITE
Nadav Lapid est cinéaste. Après des études d'histoire et de philosophie, il fait du journalisme avant de commencer le cinéma. Il fait plusieurs courts-métrages pendant ses études à l'école Sam Spiegel Road (2005). En 2007, il réalise un moyen-métrage remarqué La Petite Amie d'Emile . En 2008, il passe par la Cinéfondation du Festival de Cannes. En 2011, il réalise Le Policier (Bodega Films, 2012), un très beau premier long-métrage qui suit en parallèle les aventures d'un policier et celles de jeunes révolutionnaires israéliens, film pour lequel il obtient un prix spécial du jury au Festival de Locarno. En 2014, il fait le sublime L'Institutrice (Blaq Out, 2015), qui raconte l'histoire Nira, une institutrice qui se prend d'affection pour un surdoué de la poésie, Yoav, 5 ans. Un film magnifique et poétique, à ne pas manquer. Nadav Lapid est aussi écrivain et a publié un receuil de nouvelles, Danse encore , aux éditions Actes Sud.


Retrouvez l'ensemble des épisodes de la série "Hors-Champs en Israël" sur le site de l'émission pendant une durée de mille jours ou bien en podcast pendant un an. Rendez-vous demain 10 juin pour le dernier volet de la série avec l'épigraphiste Emile Puech.

HORS-CHAMPS EN ISRAËL
< Episode 6 : Aharon Appelfeld Episode 8 : Emile Puech >

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