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Caroline Champetier
Épisode 4 :

Caroline Champetier, "J'ai été sauvée par le cinéma et je voudrais qu'il me sauve encore."

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler reçoit Caroline Champetier. Réalisatrice et directrice de la photographie, elle collaboré entre autres avec Jean-Luc Godard, Philippe Garrel ou Nubuhira Suwa.

Caroline Champetier
Caroline Champetier Crédits : Samuel Bernard Blatchley

C’est « en faisant » que Caroline Champetier s’est éprise du cinéma. Aujourd’hui, elle se demande si elle en « fait encore assez ». Ce n’est pas évident, dit-elle, « à une époque où le cinéma est malmené par beaucoup de choses. »

Elle, qui a travaillé aux côtés de Laure Adler pour l’émission « L’avventura », évoque son amour du cinéma, « l’amour de cette pratique, l’amour de la vie peut être tout court ». Un amour qui envahit le quotidien jusque dans son intimité : elle se souvient des « ruptures amoureuses (…), des traversées de ponts, à Paris, la nuit, seule. Je me disais : j’aimerais le cinéma plus que tout. Ça m’a sauvé, ça me sauve encore, je voudrais que ça me sauve toujours. »

Elle parle de « Guerre et Paix » de King Vidor, le premier film qu’elle a vu au cinéma. « Je l’ai vu à cet âge étrange, de 13 ou 14 ans. C’était un soir de juillet je crois ». Elle y était allée avec son père, au cinéma le Ranelagh, à Paris. Un cinéma de quartier qui « n’existe évidemment plus ». De ce film, elle se souvient de la clarté des yeux bleus de l’acteur d’Henry Fonda, « qui avait les mêmes yeux que [son] père. »

« l’Œdipe s’est noué autour de ça. Père, cinéma ». Pourtant, dit-elle, le cinéma « n’avait rien à voir avec mon éducation ou ma famille. (…) C’était une chose vers laquelle on ne m’aurait pas du tout conseillé d’aller. Il fallait aller vers les lettres, la musique, mais pas le cinéma. »

On entend la voix du Pasteur Marc Boegner, son arrière-grand-père, qui a beaucoup participé à aider les juifs en France pendant le régime de Vichy. « On a besoin d’hommes comme ça maintenant». Elle, qui a pu donner un sens à cet héritage familial en travaillant aux côtés de Claude Lanzmann pour « Shoah » avoue : « Sans Claude, je n’aurais pas compris. (…) A vingt et quelques années, je n’avais aucune conscience réelle de ce qu’avait été l’extermination. On parle différemment après Shoah. (…) Je suis juste passé d’un autre côté de moi-même et de mon histoire ».

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