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Anise Postel-Vinay. Avec l'aimable autorisation des éditions Grasset
Épisode 2 :

Anise Postel-Vinay : "Le retour, c’était difficile de se réjouir car on laissait tant de morts derrière nous...'

43 min
À retrouver dans l'émission

Après avoir intégré, en 1940, un réseau de l’Intelligence Service, elle est arrêtée en 1942 et déportée à Ravensbrück. Elle rencontre celle qui sera, avec Germaine Tillion qui partage son châlit, l'une de ses grandes amies, Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

Anise Postel-Vinay. Avec l'aimable autorisation des éditions Grasset
Anise Postel-Vinay. Avec l'aimable autorisation des éditions Grasset

C’est au camp de Ravensbrück que Anise Postel-Vinay rencontre Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Cette dernière travaille dans un atelier soumis à l'autorité sadique d'officier SS. Dans cet atelier, les déportées recevaient des vêtements venus du front, tachés de sang, de boue et d’excréments, et qu’il leur fallait découdre pour récupérer le tissu utilisable. "Geneviève avait une infection oculaire et ne voyait presque rien, elle avait aussi le scorbut et ne pouvait plus du tout travailler à un rythme aussi intense. » Un jour, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, épuisée par la fatigue et la maladie, assiste avec horreur à la mort de l’une de ses camarades, battue à mort par l’officier nazi pour avoir lavé un peu de son linge avec les vêtements des Allemands. 

Son histoire d’amitié très forte avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, ses expériences douloureuses, ses souvenirs de Ravensbrück, tout cela Anise le raconte maintenant. Mais après la libération du camp, le retour est difficile.
À l’image de cette histoire qu’elle évoque : au lycée, elle avait une camarade suédoise qui avait pu repartir en Suède au moment de l’Occupation. Après la guerre, cette camarade retrouve Anise et la fait venir chez elle, à Göteborg. "On commence à bavarder et je comprends alors que ma sœur a été tuée, des mois auparavant. C’était ça le retour. C’était difficile de se réjouir car on laissait tant de morts derrière nous…"

J’ai perdu mon sommeil d’enfant pendant la guerre et je ne l’ai jamais retrouvé. Je fais souvent le même cauchemar : la Gestapo me pourchasse. Mais je cours tellement vite que je me réveille.

Au début, parler de cette expérience est difficile. Elle échange parfois avec son frère mais quand celui-ci se marie et a des enfants, il se mure dans le silence et ne veut plus parler. « J’ai bien essayé de le faire parler mais il n’a jamais voulu. Les gens qui ont été torturés ont honte, comme si c’était leur faute, c’est mystérieux… »

Vivre d'Anise Postel-Vinay, avec la complicité de Laure Adler et Léa Veinstein, est disponible aux éditions Grasset (2015)

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