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Anise Postel-Vinay. Avec l'aimable autorisation des éditions Grasset
Épisode 3 :

Anise Postel-Vinay : "On peut croire qu’en vieillissant on oublie, que ça s’estompe, mais c’est le contraire"

45 min
À retrouver dans l'émission

Anise Postel-Vinay est libérée le 23 avril 1945 par la Croix-Rouge suédoise. Le retour en France est tragique. Elle apprend qua sa soeur est morte. Reprendre une vie normale n'est pas chose simple et très vite une nécéssité s'impose : témoigner de l’histoire de la déportation

Anise Postel-Vinay. Avec l'aimable autorisation des éditions Grasset
Anise Postel-Vinay. Avec l'aimable autorisation des éditions Grasset

Le retour à une vie normale n’est pas facile. « Ça a été assez long de reprendre goût à la vie. » Cette vie, elle va y reprendre goût petit à petit, et va notamment tomber follement amoureuse d’un jeune homme : « Quand j’ai vu ce garçon, je me suis dit que c’était lui et personne d’autre. »

"On ne pensait pas que ce que l'on avait vécu aurait si peu intéressé nos compatriotes"

Quand les déportés de retour des camps commencent à raconter leur histoire, Anise se rend compte que peu de gens veulent savoir ce qui s’est réellement passé là-bas : « On ne pensait pas que ce que l'on avait vécu aurait si peu intéressé nos compatriotes. Je crois que les gens ne veulent pas voir, cela les gêne. » Il y a beaucoup de choses qu’on ne connaît pas encore. Il y a toujours des faits nouveaux qui surgissent. Pendant très longtemps après la guerre, il n’y avait pas d’études, de récits ou d’ouvrages historiques en Allemagne.
« Les Allemands ne se sont mis à ce travail que vers les années 1990. »

Je pensais qu’en vieillissant, l’ombre de ce que j’ai vécu pendant la guerre s’estomperait, que j’oublierais un peu. J’ai l’impression que c’est le contraire : soixante-dix ans après mon retour, ce passé est de plus en plus présent en moi.

Après la guerre, les gens essayaient de comprendre mais ils ont du mal. « Beaucoup de choses sont passées à la télévision, mais moi je n’ai rien voulu regarder. » Les propres amis d’Anise lui disent que même en voyant des images à la télévision, ils n’arrivent à pas croire à cette horreur qu’ont été les camps de concentration. Germaine Tillion, elle, a très vite pensé qu’il fallait écrire. Ecrire les souvenirs, les faits, les histoires. « Elle nous a dit d’écrire ce qui nous paraissait important, alors c’est ce que nous avons fait… »

Anise Postel-Vinay raconte son histoire dans Vivre, écrit avec la complicité de Laure Adler et Léa Veinstein, paru aux éditions Grasset (2015).

_Merci infiniment à Anise Postel-Vinay d'avoir participé à cet entretien.
Merci à toute l'équipe d'_Hors-Champs* : Laure Adler à la production ; Didier Lagarde à la réalisation ; Valérie Lavallard à la technique ; Corinne Amar, Elodie Royer et Julien Rosa à la préparation.*

Intervenants
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