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Agnes Godard
Épisode 5 :

Agnes Godard: "Je n’avais aucun contact avec le cinéma. Ni par des amis, Ni par ma famille"

44 min
À retrouver dans l'émission

Agnès Godard est une des rares femmes directeur de la photographie au cinéma. Cette artiste de talent qui a notamment collaboré avec Wim Wenders pour « Paris, Texas », ou plus récemment avec Claire Denis ou Abdellah Taïa, s’entretient avec Laure Adler.

Agnes Godard
Agnes Godard Crédits : Samuel B. Blatchley

Avant de « bifurquer vers le cinéma », Agnès Godard a fait des études de journalisme. Originaire de province, il était difficile pour elle de faire accepter à sa famille son envie de faire du cinéma. « Je n’avais aucun contact avec le milieu du cinéma. Ni par des amis, ni par ma famille ».

Malgré tout, elle décide de se lancer dans le septième art. « Je me suis inscrite en faculté de cinéma, à Censier ». Là, elle rencontre d’autres étudiants en cinéma « qui m’ont proposé de jouer dans un film ». Ces étudiants sont à l’IDHEC. L’école dans laquelle Agnès Godard aurait aimé rentrer avant de commencer ses études de journalisme.

Pour le tournage, ils l’emmènent dans les locaux de l’école. « Quand je suis arrivée à l’IDHEC, j’ai découvert un studio, j’ai vu des caméras, des projecteurs. J’étais totalement éblouie ». Elle garde contact avec eux, puis passe le concours de l’IDHEC qu’elle réussit.

« Je m’étais dit que si je n’étais pas reçue, je ne le repasserais pas. Toujours avec cette idée que ce n’était pas pour moi, que c’était un peu déplacé. Sans n’avoir jamais eu aucun lien avec cette profession, comment pouvait-on prétendre y entrer? »

La vie d’Agnès Godard a pourtant des attaches avec le cinéma : son père, « qui faisait énormément de photos et de films de famille », lui a transmis l’amour de l’image et de la technique. « C’était sa manière à lui de communiquer avec nous ».

« Le voir faire des photos, comprendre ensuite, en voyant toutes les photos après sa disparition, que c’était comme un moyen de nous parler, de nous dire qu’on était sa famille et qu’il nous aimait… Toutes ces images, je me disais : mais que faire de toutes ces impressions, d’observations, à laquelle, en fait, il m’avait initié ? » Quelques années plus tard, elle fera un court-métrage sur lui, s’inspirant des nombreuses pellicules qu’il lui a laissés après sa mort.

Celle qui a notamment travaillé avec Wim Wenders se souvient d’Henri Alekan dont nous écoutons la voix. « C’est un très grand homme de cinéma. Pas seulement du cinéma français mais du cinéma tout court». Comme lui, Agnès Godard s’intéresse aux mots des scénarios, à leur influence sur la réalisation d’un film. « La lecture d’un scénario, ce n’est pas seulement lire une histoire. C’est aussi prêter attention aux mots. Quelques-fois, il en suffit d’un pour trouver l’idée du visuel, (...) {pour} le choix des objectifs, de la pellicule, de la colorimétrie à donner. C’est là où se développe (…) la collaboration avec les différents corps de métier. Je ne sais pas si nous sommes des interprètes ou des accompagnateurs. Mais c’est quelque chose comme cela… »

ARCHIVES:

Henri Alekan, cinéma des cinéastes, 26/09/1982

Claire Denis et Jean-Luc Nancy, Archive INA, 17/11/2005

Imre Kertesz, Archive INA, 12/10/2010

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