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Jacques Doillon le 02 octobre 2006 à Paris.

Jacques Doillon : "La musique c'est absolument indispensable chaque jour, le cinéma pas forcément"

45 min
À retrouver dans l'émission

Jacques Doillon est l'invité de "Hors-Champs", le réalisateur revient sur ses débuts au cinéma en tant que stagiaire, à la sortie du lycée, sans avoir obtenu le bac mais avec beaucoup d'envie. Il raconte ce que faire du cinéma veut dire pour lui, l'émotion qu'il veut donner au public.

Jacques Doillon le 02 octobre 2006 à Paris.
Jacques Doillon le 02 octobre 2006 à Paris. Crédits : Joël Saget - AFP

Jacques Doillon se souvient, adolescent, du cinéclub qui lui a permis de comprendre que le cinéma "c'était et Gary Cooper et Mizoguchi, les deux à la fois" et aussi tout simplement de "survivre dans un lycée" : "Le seul truc un peu rigolo dans un lycée c'était le cinéclub, tout le reste était ennui, ennui et ennui".

Je n'ai pas pensé un seul instant à me dire, bien que c'était la chose qui m'amusait le plus, à me dire : mais si après ce bac, si je tentais d'entrer dans cette classe de préparation à l'IDHEC ? Ça ne m'est pas venu à l'idée parce que c'était au-delà de ce que je pouvais envisager, c'était non envisageable.

Il raconte son arrivée dans l'univers du cinéma, d'abord par un stage dans un laboratoire "à respirer ces odeurs de chimie formidables", puis en devenant assistant et monteur. Quand il tourne des films il pense musique, il aime ne pas savoir où il va exactement, il se laisse aller scène après scène à la recherche de "la scène idéale" et par le travail il arrive à "musicalement avoir la scène" : "Si l'oreille continue à être un petit peu blessée, c'est qu'on n'y est pas !" Il déplore le manque de salles aujourd'hui pour montrer ses films qui ne peuvent être vus que dans des festivals et des rétrospectives dans beaucoup de pays, notamment en Asie.

Ça a toujours été ça le cinéma, se laisser prendre... que ce soit Mizoguchi ou Gary Cooper, c'est comme se laisser prendre. Et ce que je  fais avec le cinéma, finalement ça vient de là, c'est essayer de prendre un peu les gens, de leur serrer un peu le "kiki" en quelque sorte, émotionnellement.

"Les mots, j'en ai toujours eu besoin", et il confie qu'on ne se parlait pas beaucoup dans sa famille, "entre nous, rien ne se disait". Jacques Doillon évoque alors son bégaiement dont il souffre moins maintenant mais qui l'a marqué dans son rapport aux mots.

J'ai bégayé très longtemps, donc je ne pensais pas que je pouvais m'appuyer là-dessus [sur les mots], du tout. Quand je suis fatigué, ça revient fortement, quand je suis en tournage, donc fatigué, et bien il me faut deux fois le temps pour dire une chose ! Mais ça s'est amélioré, donc faites des films et n'allez plus votre analyste ! 

Il parle de ses rencontres avec Nathalie Sarraute, avec laquelle il confrontait ses angoisses. A chaque rendez-vous, c'était à "qui avait la Palme de l'angoisse la plus ridicule et la plus drôle". "Je me suis beaucoup amusé avec Nathalie Sarraute", ajoute-t-il.

Rediffusion de l'émission du 15/04/2010

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