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Jean-Claude Brisseau en 2012 au festival de Locarno

Jean-Claude Brisseau : "Jamais je n’aurais pu imaginer que mes films allaient intéresser des gens"

44 min
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Auteur d'une douzaine de films, Jean-Claude Brisseau vient de mourir à l'âge de 74 ans. En 2013 Laure Adler s’entretenait avec le cinéaste qui revenait sur son enfance et la naissance de son goût pour le cinéma.

Jean-Claude Brisseau en 2012 au festival de Locarno
Jean-Claude Brisseau en 2012 au festival de Locarno Crédits : Pier Marco Tacca - Getty

Forte personnalité, ce cinéaste parfois controversé et condamné en 2005 pour harcèlement sexuel, avait offert à Vanessa Paradis son premier rôle avec le film « Noce Blanche ». Dans cet entretien, il revient sur la naissance de son goût pour le cinéma et le premier souvenir du film vu en salle. Faute d’argent, il s’était faufilé avec ses copains pour aller regarder par une porte entrebaillée le fameux « Samson et Dalila », avec Hedy Lamarr. 

Tous ces films vus dès l’âge de cinq ou six ans ne lui ont pas permis d’imaginer qu’un jour il deviendrait cinéaste. « Ma mère était femme de ménage et je me destinais à être prof de math » explique-t-il, « jamais je n’aurais pu penser que j’allais faire du cinéma. » Jusqu’au jour où :

J’allais à pied au lycée Chaptal à Paris, et j’ai vu un numéro Des cahiers du cinéma, le numéro 103 très exactement. Je l’ai acheté et en le lisant je me suis rendu compte que la plupart des films que j’avais vus et aimés quand j’étais enfant, les rédacteurs des Cahiers les aimaient aussi. C’est avec eux que j’ai appris ce qu’était un réalisateur : j’ai vu que tel film était réalisé par Renoir, Hitchcock… J’ai eu alors envie de faire ça mais il fallait une caméra. Et je n'en avais pas. 

En 1975, il achète une caméra super huit sonore et réalise alors deux films. L’un de vingt minutes en hommage à Hitchcock, « Des jeunes femmes disparaissent ». Le deuxième, « La croisée des chemins ». Lorsque les films sont projetés, Eric Rohmer et Maurice Pialat se trouvent dans la salle. Après la projection, Rohmer vient le voir et lui conseille de continuer.

Jamais je n’aurais pu imaginer que mes films allaient intéresser des gens […] C'est en revoyant tout une série de films, dont Psychose que j’ai étudié minutieusement, que j’ai compris comment les films étaient fabriqués.

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