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Jean d'Ormesson (1/2)

44 min
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C'est un grand homme de lettres qui nous fait le plaisir de s'installer au micro de Hors-Champs ce soir. Écrivain, romancier, membre de l'Académie Française depuis 1973, Jean d'Ormesson déploie une écriture érudite, philosophique, parsemée d'humour et nimbée d'une réflexion sur le temps. Retour avec lui sur son parcours et son travail littéraire.

Jean d'Ormesson
Jean d'Ormesson Crédits : Corinne Amar - Radio France

Jean d’Ormesson naît un 16 juin à Paris, dans une famille d’origine aristocratique. Mais ce mot d’aristocratie n’est jamais prononcé dans le cercle familial. « Mon père était un ardent républicain et démocrate, élevé dans la morale républicaine et le mérite. » Les études sont une chose sérieuse pour le père de Jean. Mais ce dernier ne peut aller à l’école : « comme mon père était diplomate, on ne savait jamais combien de temps on allait rester. On ne m’inscrivait donc dans aucune école. » C’est sa mère qui lui apprend le grec, le latin et les mathématiques, « alors qu’elle ne connaissait ni le grec, ni le latin, ni les mathématiques. J’étais premier de la classe puisque j’étais le seul. Quand je suis arrivé en hypokhâgne, je me suis retrouvé dernier. »

Etudiant, il entre à l’Ecole normale supérieure (Paris), « parce que je ne savais pas quoi faire. » Ce qu’il ne veut surtout pas, c’est faire carrière . « Quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, ça m’angoissait. » Un jour, il découvre un texte de Mauriac qui dit que le meilleur d’une carrière littéraire c’est de ne rien vouloir faire d’autre. « Le meilleur moyen de ne pas entrer dans une carrière était d’entrer dans les études. »

Il se passionne vite pour la philosophie et prépare une agrégation de philosophie qu’il obtient. « J’aimais beaucoup la philosophie mais la philosophie ne m’aimait pas beaucoup. J’aurais fait un mauvais philosophe, mais sans doute un bon professeur de philosophie. »

L’idée d’être écrivain – romancier même – ne lui effleure pas l’esprit avant l’âge de trente ans. « A Normale, on n’écrit pas de roman. Si on écrit des choses, ce sont des ouvrages savants. Ecrire un roman, c’était pitoyable. » Au début, le succès tarde à venir, « c’était dur. A trente-cinq ans, après avoir écrit plusieurs ouvrages qui n’avaient pas connu de succès, j’ai écrit Au revoir et merci, un livre d’adieu à la littérature. »

Il ne dit heureusement pas définitivement adieu à la littérature et poursuit son travail littéraire avec passion, même s’il reconnaît qu’« écrire un livre, c’est une chose affreusement difficile, c’est une tâche très lourde. » Le « style d’Ormesson », c’est un mélange des genres, des textes qui relèvent autant de la réflexion philosophique, du genre romanesques ou du souvenir autobiographique. « On m’a fait le reproche d’écrire la même chose tout le temps. C’est tout à fait vrai. Je brouille les genres. Je défie qui que ce soit de définir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas dans ce que j’écris. Parfois, je m’y perds moi-même. »

Dans sa Correspondance , Flaubert disait « J’aurais voulu faire une roman sur rien ». « Cette phrase m’a beaucoup travaillé. Le mauvais écrivain cherche des aventures extraordinaires, tandis que le bon écrivain écrit sur rien ou sur très peu de choses… »

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Jean d'Ormesson (2/2) >

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