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Jean d'Ormesson (2/2)

44 min
À retrouver dans l'émission

Suite et fin de notre entretien en compagnie Jean d'Ormesson, écrivain et académicien. Son œuvre prend souvent une dimension autobiographique qui témoigne de son amour de la littérature, de la philosophie et du bonheur, comme dans son Je dirai malgré tout que cette vie fut belle , publié en janvier 2016. Suite de la conversation avec un écrivain au sourire si doux...
Jean d’Ormesson a inventé un genre littéraire : l’histoire-fiction. « Je peux faire 800 pages sur un Empire, ses guerres, sa structure, etc. Pourtant, cet Empire n’existe pas. » Il a aussi travaillé autour de personnages historiques, comme Napoléon dans La Conversation . « Je n’aime pas beaucoup Napoléon : quand il devient Empereur, il est pourri par le pouvoir, alors que le Premier Consul est intelligent et brillant. Il est un homme du 18e siècle en fait. »

Néanmoins, bien que mélangée à la réalité, l’imagination reste fondamentale dans son travail littéraire. « Je trouve que le monde est quel chose d’invraisemblable, de stupéfiant. Je pense que le sage est celui s’étonne de tout. » Les romans sont donc très en-dessous de la réalité, poursuit l’écrivain. « Qui aurait supposé une vie comme celle de Napoléon ? Imagination et réalité ont toujours été mêlées pour moi. »

Depuis dix ans, Jean d’Ormesson travaille entre six et dix heures par jour. « Quand on écrit, travailler c’est se mettre devant sa table et attendre. Si à la fin de la journée, j’ai écrit vingt lignes, je suis très content. » Ecrire un article est un peu différent car « ce qui est bon dans un article, c’est ce que soit fait d’une traite, dans un mouvement rapide. L’article c’est l’urgent, la littérature c’est l’essentiel. Le journaliste est du côté du temps qui passe et l’écrivain est du côté qui dure. »

Le temps, voilà justement une des préoccupations essentielles de Jean d’Ormesson, un questionnement qui nimbe ses écrits. « Je ne me suis jamais occupé d’autre chose que du temps. Cela m’apparaît tellement stupéfiant que je me dis qu’il ne fallait s’occuper de rien d’autre. » Pourtant nous ne savons pas ce qu’est le temps, contrairement à la lumière ou à la pensée. « Le monde, depuis qu’il est monde, a toujours été au présent. C’est extraordinaire ! Le temps, c’est la vie, c’est nous-mêmes. »

Quand on lui demande quels livres il emporterait sur une île déserte, il répond la Bible, les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, Proust et Les Mille et une nuits . « Une grande littérature doit être amusante. Rien de plus amusant que l’Iliade ou l’Odyssée, ce sont de véritables films. » Mais quand il écrit, il ne lit pas « car soit je lis des choses pas très bonnes et j’ai donc l’impression que je perds mon temps, soit je lis des choses très bonnes et je me dis que je n’arriverais jamais à faire pareil… »

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< Jean d'Ormesson (1/2)

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