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Jean-Pierre Filiu

45 min
À retrouver dans l'émission

L'historien et spécialiste de l'islam contemporain raconte son parcours d'observateur en immersion au micro de Laure Adler, de ses années dans l'humanitaire à sa carrière d'enseignant, en passant par le Quai d'Orsay.

Jean-Pierre Filiu
Jean-Pierre Filiu Crédits : Corinne Amar - Radio France

Laure Adler s'entretient avec Jean-Pierre Filiu, historien et spécialiste de l'Islam contemporain.

Il commence par être engagé au Liban comme délégué aux droits de l’Homme à 22 ans : « Au Liban, j’ai fait un travail de terrain auprès des réfugiés […]. J’ai rencontré toutes les grandes figures du Liban de droite comme de gauche, chrétienne comme musulmane, c’était une époque bénie, on ne prenait pas en otage, on ne décapitait pas encore. »

Il est confronté à des drames dès cette époque-là. Puis il continue son action en Afghanistan, dans des circonstances plus dures qu’au Liban. C’était une période « artisanale où un jeune homme de 22 ans pouvait se retrouver à gérer un cessez-le-feu » . Aujourd’hui, c’est beaucoup plus difficile, « un humanitaire peut malheureusement être assassiné il y a des enjeux, notamment financiers, que je n’ai jamais eu à connaître » .

Il a eu plusieurs vies : humanitaire, diplomate, historien, professeur, et même scénariste de bande-dessinée. Au Quai d’Orsay, « j’avais une liberté presque totale […]. Mitterrand était très engagé auprès des Palestiniens et cela conférait au fait d’être diplomate français dans cette région une dimension très gratifiante. J’étais fier de représenter mon pays. »

Il revient largement sur la situation actuelle en Syrie et au Moyen-Orient - « je crois que le pire est à venir car on a laissé la situation pourrir » mais est convaincu néanmoins que « Daesh sera défait, je n’ai aucun doute sur leur déroute ultime, comme toute organisation totalitaire mais ce qui m’inquiète beaucoup ce sont les dégâts qu’ils feront dans nos sociétés avant d’être défaits. »

Il évoque enfin ses inspirations : « Ce qui me plaît, ce ne sont pas les concepts, les idéologies. Ce qui m’intéresse ce sont le gens, les odeurs, les émotions. » Il recommande à ses étudiants de marcher le nez en l’air, de passer du temps aux terrasses ou dans les souks, cela apporte parfois beaucoup plus que ce qu’on apprend dans les salles de classe. « Ne craignez pas de perdre votre temps ou de croire que vous le perdez » . Grand mélomane, il adore aussi bien Jimi Hendrix, auquel il a consacré un ouvrage, que le flamenco.

Intervenants
  • professeur des universités en histoire à Sciences Po (Paris). Il anime sur le site du quotidien "Le Monde" le blog "Un si proche Orient".
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