LE DIRECT
Jean-Pierre Mocky

Jean-Pierre Mocky : "Je ne suis pas un intellectuel, je suis un homme de cirque"

44 min
À retrouver dans l'émission

Au micro de Laure Adler l'acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky évoque son enfance, ses premiers pas dans le cinéma, son rejet de la Nouvelle vague et son amour inconditionnel pour le 7e art.

Jean-Pierre Mocky
Jean-Pierre Mocky Crédits : PHOTOPQR/LE COURRIER DE L'OUEST - Maxppp

De son vrai nom Jean-Pierre Mokiejewski, Jean-Pierre Mocky tient une place à part dans le cinéma français. Il oeuvre bien sûr pour le cinéma français, mais également à la télévision en réalisant des téléfilms, dont deux séries de 2007 à 2013. Son film le plus emblématique reste A mort l'arbitre, sorti en 1984.

C'est par hasard que Jean-Pierre Mocky débute sa carrière au cinéma. En pleine guerre mondiale, ce petit garçon juif se réfugie avec sa mère dans la zone libre. Par hasard, il se retrouve à Saint-Jeannet dans les Alpes-Maritimes, sur tournage du film Les Visiteurs du soir, de Marcel Carné. Il fait ses premiers pas sur le grand écran en tant que figurant. Il devient par la suite la doublure de Gérard Philipe, inoubliable acteur du Diable au corps.

Je suis devenu la doublure de Gérard Philipe, qui était dans le même lycée que moi, mais qui était bien plus vieux que moi. Je suis devenu sa doublure physique. Cette période a été superbe pour moi, j'ai rencontré Micheline Presle, j'ai connu tout le cinéma français qui s'était réfugié dans la zone libre. 

Il est ensuite élève de Louis Jouvet et René Simon, au Conservatoire. Mocky fait ses gammes aux cotés de Claude Rich, Jean-Pierre Marielle et Jean-Paul Belmondo, avant de partir pour l'Italie. Là-bas, il apprend l'italien, et devient l'assistant de Visconti et de Fellini. 

À l'époque, les rôles qu'on me donnait ne me plaisaient pas. Alors, j'ai fait mon propre film. Jean-Pierre Mocky 

A la fin des années 1950, il crée une petite maison de production qui produit La Tête contre les murs, de Georges Franju, dans lequel sont rassemblés Pierre Brasseur, Paul Meurisse, Charles Aznavour ou encore Anouk Aimée. Mais le film est un échec. En 1959, il réalise Les Dragueurs, son premier long-métrage, inspiré de ses expériences personnelles : 

C'était une autobiographie en fait. C'est l’histoire d'un groupe de jeunes acteurs. On s’asseyait dans un café des Champs-Elysées, parce que c'est là que se trouvaient les bureaux des sociétés de production à l'époque. Entre deux rendez-vous, on attendait à la terrasse des cafés pour regarder passer les filles. Le but c'était d'aller draguer les filles. Le mot "draguer" s'est répandu. Le film a été un gros succès et je dois ce succès à Maurice Chevalier. Il a été emballé par le film et en a fait la promotion à la télévision. Jean-Pierre Mocky 

Grand ami de Truffaut, Rohmer et Godard, Jean-Pierre Mocky n'intègre pourtant pas la Nouvelle vague et reste très classique dans sa manière de filmer : 

Je ne suis pas un intellectuel, je suis plutôt un homme de cirque. Je passais mes journées avec Truffaut, Rohmer, Chabrol et Godard. On était très voisins, mais moi, j'étais contre la critique. Je trouve que la critique, ça tue le film. Je suis resté très classique. La Nouvelle vague, c'était un cinéma à l'emporte-pièce. Jean-Pierre Mocky 

Vadim et moi, on était un peu rejetés par rapport au succès de la Nouvelle vague. Nous, on faisait des succès populaires, on n'avait pas peur des acteurs. J'ai pris Bourvil et Fernandel parce que ces types étaient des monstres sacrés. C'était des icônes. Les réalisateurs de la Nouvelle vague préféraient la nouvelle génération. Jean-Pierre Mocky 

Il devient ami avec de nombreux auteurs comme Raymond Queneau, avec qui il dînait toutes les semaines. En 1960, Mocky se tourne vers l'écrivain pour écrire le scénario d'Un couple. Queneau introduit un esprit de dérision dans le film : 

Ce qui nous liait c'était l'absurdité de la vie. On avait une communion extraordinaire. Queneau n'était pas du tout prétentieux. Jean-Pierre Mocky 

Je pense que la retraite n'existe pas pour les gens comme moi. Il n'y a pas de raison que j'arrête le cinéma. Jean-Pierre Mocky 

Intervenants
À venir dans ... secondes ...par......