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John Berger à France Culture en 2009

John Berger : "J'ai toujours refusé d'être nommé romancier"

44 min
À retrouver dans l'émission

"Au commencement, j'étais plutôt anarchiste..." Laure Adler reçoit John Berger, écrivain, peintre et scénariste britannique.

John Berger à France Culture en 2009
John Berger à France Culture en 2009 Crédits : Radio France

"J'ai toujours refusé d'être nommé romancier. Je n'aimais pas cette définition de romancier. J'ai toujours dit, je suis plutôt un raconteur".

"Si vous êtes un raconteur, vous êtes toujours en train d'écouter. Et pour être prêt à raconter tout ça, il faut être extrêmement concentré, ne pas avoir trop de mémoire. Avoir un vide, une attente, une salle d'attente pour recevoir."

"Nous sommes hantés par les discours politiques, médiatiques autour du "nous", où il y a des individus qui utilisent le "nous" dans une façon absolument fausse. Parce qu'ils prétendent représenter "nous les auditeurs", mais ils s'en fichent complètement de nous en réalité".

"Essayiste, reportage, roman, nouvelles... je ne vois pas la différence entre ces formes. /.../ Je vois les différences bien sûr, mais il me semble qu'ils viennent de la même partie de moi-même. Et ce n'est pas vrai parce qu'ils viennent du monde autour".

"Tout est une question d'imaginer le lecteur, la lectrice autour. Toute activité d'écriture est une approche du lecteur. Avec cette approche il y a une invitation, ou peut-être une demande de collaboration que l'écrivain et le lecteur établissent. Une espèce de conspiration entre eux, pour établir un point où ils regardent le monde ensemble. Et cette conspiration a beaucoup affaire avec ce qui n'est pas dit. Entre les phrases, il y a un choix de silence".

"J'écris très maladroitement. J'écris plusieurs fois chaque chose, chaque page, pour arriver à l'économie et la singularité qui est nécessaire".

Sur son installation dans un village de Haute-Savoie :

"J'étais très conscient à cette époque que je ne savais rien des valeurs des petites maisons. /.../ Je ne savais rien, et j'avais honte. Je voulais trouver un village où je pouvais apprendre, les vieux et les vieilles étaient mes professeurs".

Sur son roman King (1999), qui raconte 24 heures de la vie de plusieurs SDF :

"Je ne voulais pas écrire un texte pathétique, un texte de la charité. Je ne voulais pas exploiter leur vie si dure pour simplement lancer un argument politique. De la frustration est née l'idée que l'histoire devait être écrite par un chien".

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