LE DIRECT
L'artiste JR devant une de ses œuvres à Berlin le 16 avril 2013.

JR : "J'aime bien le mot artiste, parce qu'on lui donne une liberté incroyable !"

45 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler reçoit JR, artiste plasticien, qui colle des photos de visages dans les villes du monde entier depuis treize ans. Il explique son processus créatif, sa relation aux gens qu'il photographie et qui s'approprient son oeuvre.

L'artiste JR devant une de ses œuvres à Berlin le 16 avril 2013.
L'artiste JR devant une de ses œuvres à Berlin le 16 avril 2013. Crédits : John MacDougall - AFP

Invité de l'émission "Hors-Champs", l'artiste JR revient sur les premières "traces" qu'il a laissées sur les tables de son école : "C'était se dire, je laisse une petite marque, c'était toujours je rentre le J et le R en espèce d'un petit bloc et j'ai gardé ça ! C'est encore ma signature."

Il y a quelque chose dans le graffiti qui est fait pour son ego. On écrit son nom, on écrit son nom partout... J'étais plutôt dans cette envie d'exister, de trouver ma place dans la société. Ensuite je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait le plus c'était l'aventure : on montait sur les toits, on partait dans les tunnels de métro...

Il cherche ses mots pour décrire ce moment où il devient une "ombre" cachée entre les trains.

Aujourd'hui peut-être qu'on dit que c'est de l'art, à l'époque c'était clairement du vandalisme !

Au moment où j'ai collé les photos, d'un coup j'ai interagi avec tout le monde parce que les gens pouvaient lire les photos dans la rue que je collais. J'avais quand même besoin de venir les encadrer avec une bande peinture pour dire : Attendez, regardez, ce n'est pas une publicité ! C'est une oeuvre que j'ai apposée là pour vous ! Pour dialoguer avec vous !

Il raconte son premier affichage sur les immeubles de Clichy Montfermeil en 2004, lorsqu'il agrandissait les photos des jeunes des quartiers : "_C'est à ce moment-là que j'ai commencé à réaliser l'art engageant, pas engagé, engageant._"

Je ne suis pas photographe, ça fait partie de mon process mais le collage, pour moi, c'est l'oeuvre ! Là où toute l'aventure se passe.

De son expérience dans une favela du Brésil, il lui plaît de penser que "ce sont les gens qui portent les traces" de son passage artistique.

JR explique qu'il tente d'archiver tout son travail par une vaste documentation toujours pour garder une trace : "Le travail dans la rue c'est le côté spectaculaire !"

Dans une ville, quand on regarde autour de soi, on voit des marques partout, des messages... L'espace public est à tout le monde et on a peut-être envie de voir une oeuvre, de voir quelque chose qui nous inspire.

Quand j'arrive dans une ville, la première chose que je regarde c'est les murs. Si les murs sont anciens, s'il y a des fissures, s'il y a de la matière dans les murs, comment ils ont vieilli, quelle est la couleur des murs, s'il y  des graffitis dessus, s'il y a des inscriptions, s'il y a de la publicité... Tout ça ça vous donne une idée de la ville, du contexte politique, social... très clair.

De son expérience brésilienne sur un monument national, il a pris conscience de "l'impact, de la force de l'officiel".

Moi, 99% de mon travail, ce que je produis c'est un travail que je ne peux pas matérialiser, dans la rue, qui est éphémère, qui n'est pas vendable et qui est avec les gens, pour les gens. Et 1% me sert à financer tout ça. [...] Je ne sais jamais combien de temps ça va continuer, c'est très fragile mais ça ne me fait pas peur. Au moins cette vie d'artiste j'ai pu la vivre à 100% !

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......