LE DIRECT

Kiyoshi Kurosawa

44 min
À retrouver dans l'émission

Réalisateur et scénariste, il est un représentant emblématique de la nouvelle génération de cinéastes japonais. A l'aise aussi bien sur le grand écran qu'à la télévision, cet artiste prolifique se fait remarquer avec Cure en 1997. Parmi ses succès, citons Charisma , Kaïro ou Jellyfish . Il vient de décrocher un prix de la mise en scène à Cannes pour "Vers l'autre rive". Ce soir, Kiyoshi Kurosawa est à Hors-Champs .

Kiyoshi Kurosawa
Kiyoshi Kurosawa

Kiyoshi Kurosawa ne sait pas vraiment ce qui lui a donné envie de faire du cinéma. « Je sais que j’aimais beaucoup les films » . Il se souvient en tout cas de l’influence d’un critique de cinéma qui donnait des cours à l’université et qui l’avait beaucoup impressionné. « J’ai compris qu’on pouvait passer une vie à rechercher ce qu’était le cinéma et même en y consacrant sa vie, on ne pouvait pas être sûr de trouver, mais j’ai quand même eu envie. »

Si Kurosawa est connu pour ses films poétiques et métaphysiques, il est aussi l’auteur de « soft pornos », genre pour lequel il n’était pas vraiment doué : Il raconte qu’un producteur avait trouvé l’un de ces films très mauvais car pas assez pornographique : Le spectateur masculin n’était pas assez excité par le film. Et puis on m’a reproché de faire un film dont l’histoire était incompréhensible. A mon avis, ceux qui m’ont fait ce reproche ont juste trouvé que le film n’était pas assez salace. »

Cinéaste métaphysique alors ? Kurosawa récuse. « Je ne suis qu’un cinéaste. » . La mission du cinéaste, explique-t-il, est de filmer ce qu’il a devant lui, filmer la société telle qu’il la voit. « Je pense que si on voulait parler de métaphysique, on pourrait mieux l’exprimer par le cinéma d’animation. » Son objectif : filmer la réalité telle qu’elle se présente à notre regard. « Et s’il y a des considérations métaphysiques qui s’ajoutent, c’est un plus, mais ce n’est pas le but de mon cinéma. »

Pourtant, il reconnaît que dans Charisma (1999), il a voulu faire un film plus expérimental, un film qui le coupait de la réalité quotidienne. « J’ai donc recherché un lieu qui tendait vers l’abstraction. » Etant donné son budget limité, il lui fallait trouver un endroit pas trop loin de Tokyo. « Le seul lieu abstrait à ma portée était la forêt. S’il y avait eu un désert, ça aurait été mieux, mais il n’y a pas de désert au Japon. »

Tout son travail est infusé par la volonté d’abolir la frontière entre le vivant et le mort « beaucoup de frontières sont abolies dans mes films d’ailleurs » . Quand il filme quelque chose, il se demande toujours si ce qu’il filme est réel ou pas. « C’est peut-être la particularité de mon cinéma : dans tous mes films, je me demande si la réalité est vraie ou pas. » Il n’est pas influencé par ses rêves : « Je ne rêve pas beaucoup et mes rêves ne sont pas intéressants, ils ne sont que le prolongement de la réalité. » Pour ce qui est des fantômes, qui apparaissent notamment – son tout-dernier Vers l’autre rive (2015) est d’ailleurs une histoire de fantômes –, « je n’en ai jamais vu, et les gens qui me disent en avoir vus ne sont pas nécessairement dignes de confiance… »

Traduction : Catherine CADOU et Miyako SLOCOMBE


Extraits sonores :

Extraits des films de Kiyoshi Kurosawa, Cure (1997), Tokyo Sonata (2008), Kaïro (2001) et Vers l'autre rive (2015)


Le dernier film de Kiyoshi Kurosawa, Vers l'autre rive (2015) est déjà en salles. Ses autres films sont disponibles en DVD et VOD.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......