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Marcel Gauchet à Nantes le 9 mai 2007.

Marcel Gauchet : "C'est l'exigence de comprendre mon temps qui m'a conduit à une réflexion sur l'histoire, en philosophe"

44 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler reçoit Marcel Gauchet, historien et philosophe, qui revient sur son parcours intellectuel marqué par les guerres de décolonisation et mai 68. Il nous livre sa réflexion sur l'avènement des totalitarismes au 20e siècle, signe de la fragilité des démocraties.

Marcel Gauchet à Nantes le 9 mai 2007.
Marcel Gauchet à Nantes le 9 mai 2007. Crédits : Alain DENANTES/Gamma-Rapho - Getty

Invité de "Hors-champs", Marcel Gauchet raconte sa vocation d'historien qui était "naturelle" pour sa génération, placée dans l'histoire avec les guerres coloniales puis les événements de Mai 68, "la réflexion sur l'histoire vient assez naturellement dans cette perspective", relève-t-il. Avec un peu de curiosité, poursuit-il, on s'intéresse au processus historique qui devait aboutir à une révolution selon une certaine vision politique et "c'est l'exigence de comprendre mon temps tout simplement et d'essayer de retrouver une prise sur ce qui était en train de se passer qui m'a conduit à une réflexion sur l'histoire, en philosophe". Il avait le souci de "dépasser" le marxisme.

Il évoque les penseurs qui ont compté pour lui, l'ethnologue Pierre Clastres et Michel Foucault dont l'oeuvre "marque un avant et un après" mais dont il s'est éloigné. Il nous livre l'analyse de son œuvre A l'épreuve des totalitarismes sur le stalinisme et le nazisme et met en perspective la fragilité des démocraties : " Il faut retrouver la vérité de ce moment antérieur où bien peu de gens aurait parier sur l'avenir de la démocratie tellement sa remise en question interne et externe" était forte. C'est la crise de la démocratie qu'il faut comprendre pour comprendre l'arrivée des régimes totalitaires : "Les démocraties sont habitées par une sorte de négativité qu'on ne voit pas ordinairement mais qui a trouvé [...] une capacité de se nier qui reste le démon intérieur de la démocratie, et qu'il faut regarder en face."

Imaginons un 20e siècle européen sans la Grande Guerre. Nous aurions eu une histoire complètement différente. Nous aurions eu d'ailleurs probablement un 20e siècle d'une créativité, d'une génialité... Quand on regarde ce qu'était l'Europe dans les années 1900, avant le conflit, c'était une époque extraordinaire, quand on pense à tout ce qui a avorté au travers des morts dans les jeunes générations qui auraient porté cet élan... Nous sommes passés à côté de ce qui aurait été probablement le siècle de Périclès de la démocratie européenne. Nous l'avons raté et nous voyons bien encore aujourd'hui l'ombre portée des séquelles de ce conflit terrible. Je crois que c'est la racine, la matrice principale de ce qui advient avec le totalitarisme.

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