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Martial Raysse (1/2)

43 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Martial Raysse , peinture, sculpteur et réalisateur

Martial Raysse lors de l'inauguration au Centre Pompidou de sa premiere retrospective en mai 2014
Martial Raysse lors de l'inauguration au Centre Pompidou de sa premiere retrospective en mai 2014 Crédits : Maxppp

L’artiste évoque ses parents, qui furent résistants pendant la Seconde Guerre mondiale : « Mon père est arrivé dans la clandestinité complète et ma mère a été exfiltrée dans un maquis dans le Vercors où nous avons vécu pendant la guerre subissant attaques, tortures, morts. Je viens d’un monde cruel et rude que les gens d’aujourd’hui ne peuvent pas imaginer. »

Il conserve des souvenirs de son village : « Il a été libéré par une compagnie américaine. Ensuite, il y a eu une contre-attaque allemande. Mais un camion est arrivé et les hommes du village sont montés dedans pour s’opposer à l’avancée allemande. C’est l’image bouleversante que j’ai conservée. »

Quand il était petit, c’était plutôt la littérature qui l’intéressait. Jeune homme, il écrivait déjà des poèmes. « Je ne voulais pas non plus faire une carrière de poète. Je n’ai pas mis ma poésie en avant car la poésie vient du cœur, elle ne se dévoile pas trop. » Ses tableaux sont avant tout « comme des poèmes peints » , explique-t-il. « En peinture, comme en poésie, les choses se font de manière naturelle, il n’y a pas de règles particulières. »

Vers 18 ans, il prend conscience des limites de la poésie, qu’il juge intransmissible : « La langue est liée à la terre, à la glaise, aux arbres, aux fleurs d’une région particulière, et pour moi elle est intraduisible. La poésie est quelque chose de tellement intime qu’elle est intransmissible. » Comme il était un peu bricoleur et qu’il dessinait, il a choisi la peinture « car c’est un langage international. Quand vous peignez une pomme, tout le monde comprend que c’est une pomme. »

Son travail est lié à son apprentissage et son expérience de la sagesse : « Il y a une quête initiatique dans mon travail, si on peut parler ainsi sans être prétentieux. Mais la sagesse n’est pas triste, elle conduit à une sorte de sérénité merveilleuse. L’austérité n’est pas un principe de sagesse, c’est la juste mesure qui est sage. »

Il revient sur la comparaison que font les critiques entre ses premières œuvres et le Pop Art : « J’ai fait ces œuvres en 1960-1961, bien avant que les Américains ne se réveillent. Quand Warhol est arrivé avec sa série de Marylin Monroe, la peinture était encore fraîche moi j’avais fait cela un an auparavant. » Il évoque aussi son utilisation du néon : « J’ai utilisé du néon à une époque où on ne l’utilisait presque pas en France aux Etats-Unis, c’était courant dans la vie quotidienne, les artistes ne pensaient même pas à l’utiliser. Chez moi, à Nice, il n’y en avait que deux sur l’avenue de la Victoire, pour moi c’était des icones... »

"Martial Raysse", jusqu'au 30 novembre 2015 au Palazzo Grassi à Venise

*[Rendez-vous demain 21 avril à 22h15 pour la seconde partie de l'entretien avec Martial Raysse...*

](/emission-hors-champs-martial-raysse-22-2015-04-21 "Martial Raysse (2/2)")**

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