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Michel Ciment, ecrivain et critique de cinema devant le National Film Theater (la cinématheque britannique) en septembre 1986, à Londres.

Michel Ciment : "J’aime vraiment le recueillement face au cinéma"

44 min
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Laure Adler s'entretient avec Michel Ciment, critique de cinéma et journaliste. On croit bien le connaître, notamment à travers ses chroniques dans Le Masque et la Plume et Positif. Mais ce n'est qu'une impression. Laissons-lui la parole pour découvrir de manière plus intime son rapport au cinéma.

Michel Ciment, ecrivain et critique de cinema devant le National Film Theater (la cinématheque britannique) en septembre 1986, à Londres.
Michel Ciment, ecrivain et critique de cinema devant le National Film Theater (la cinématheque britannique) en septembre 1986, à Londres. Crédits : Jacques PRAYER/Gamma-Rapho - Getty

Michel Ciment est un producteur, critique de cinéma et journaliste, directeur de la publication de la revue cinématographique Positif. Il se confie ici sur son rapport au cinéma, en tant que critique et que grand consommateur passionné de films.

Le cinéma, dès l'enfance

Michel Ciment parle de ses souvenirs d'enfance, notamment cinématographiques. Il évoque ainsi le premier film qu’il a vu :

Je pense que c’est un film avec Errol Flynn ou un film de pirates, juste après la guerre, quand les films américains sont arrivés en France. Avant la Libération, il n’y avait presque que des films français. Les films américains, c’était véritablement du spectacle pour les jeunes.

Son adolescence a été marquée par son professeur de philosophie en hypokhâgne Gilles Deleuze, qui était aussi passionné de cinéma. C'est lui qui lui a donné la possibilité de comprendre quel était son désir, dans une forme de maïeutique. Et qui a participé à constituer son impressionnante culture, bagage selon Michel Ciment essentiel pour le métier qu'il fait :

Je pense que pour comprendre le cinéma, tel que je le pratique, pour faire de l’analyse de films et des entretiens avec les metteurs en scène, la culture générale est indispensable, car le cinéma est un art général, généraliste. Le cinéma est la combinaison de la littérature, du dialogue, des comédiens, du cadre, de la lumière, de la musique... Il n'y a que le montage qui appartient en propre au cinéma, tout le reste c'est un art de synthèse de tous les arts. 

Le métier de critique cinématographique

Ciment nous parle de son métier de critique. Il dit ses choix, ses préférences, son amour de la polémique, ses divergences avec les Cahiers du cinéma.

Pour lui, un bon critique est celui qui est capable d'avoir ce qu'il appelle "le coup d’œil", qui permet notamment de reconnaître un talent naissant, en repérant dans les inconnus les futurs grands cinéastes : c'est la tâche la plus difficile de ce métier.

Un métier qu'il a pleinement aimé exercer, sans avoir jamais voulu devenir réalisateur :

Faire un film est très facile, et ça ne démontre rien. C’est faire un grand film qui est très difficile. Si on est critique et qu’on réalise un film et qu’il n’est pas bon, on devient amère et aigri, et on dit du mal des autres. Moi, je suis très heureux de ce que je fais, parler des autres, aider les cinéastes, analyser les films, faire partager... 

Témoignage d'un spectateur passionné

Mais le critique se confie aussi sur son expérience de spectateur, tout simplement. Il nous parle de ses rituels lorsqu’il est au cinéma, de son amour pour le noir de la salle :

J'aime voir les films en salle, sinon le cadre familial entraîne trop de distractions. Je crois beaucoup à l’expérience cinématographique. Quand j’entre dans une salle, j’aime être plutôt près de l’écran, au centre. Pendant la projection, je ne prends pas de notes. Si je dois écrire un papier vraiment approfondi, je retourne voir le film pour prendre des notes, mais je veux que le premier contact du film soit vierge, où je me concentre vraiment sur l'écran. Et c’est vrai que je suis agacé par le pop-corn et les conversations autour de moi ; j’aime vraiment le recueillement face au cinéma.

Il évoque aussi les grands noms qu’il admire, citant volontiers Kazan, Kubrick ou encore Resnais. Les films qui l’ont marqué sont toujours des œuvres qui ont provoqué un choc et un véritable plaisir en lui, comme par exemple Hiroshima mon amour, qui fut pour lui une "jouissance esthétique" :

Ça a été un choc inimaginable. J'avais le sentiment d’assister à une révolution dans le langage cinématographique, de la même ampleur que ce qu’avait été Le Cuirassé Potemkine pour les gens des années 1920 ou Citizen Kane pour les gens des années 1940. Une véritable révolution esthétique.

Hiroshima mon amour, d'Alain Resnais.
Hiroshima mon amour, d'Alain Resnais. Crédits : america.aljazeera.com

Le témoignage d'un homme de cinéma, qui dit sa passion pour le lieu, les œuvres, les auteurs de cet art auquel il a consacré sa vie. 

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