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Michel Vinaver chez lui à Paris, le 13 octobre 2015.

Michel Vinaver 2/2 : "Pourqu'il y ait théâtre, il faut qu'il y ait quelque chose qui ne va pas. Je me suis intéressé à ce qui ne va pas."

44 min
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Dramaturge et écrivain, Michel Vinaver, né en 1927 fut directeur de l’entreprise Gillette avant d’entreprendre la carrière que l’on connaît. Il s'entretient avec Laure Adler. Second entretien.

Michel Vinaver chez lui à Paris, le 13 octobre 2015.
Michel Vinaver chez lui à Paris, le 13 octobre 2015. Crédits : Eric Feferberg - AFP

Avant d’écrire pour le théâtre, Michel Vinaver rédige des romans. Puis, à Annecy, en 1955, il suit les répétitions d’Ubu Roi, pièce alors mise en scène par Gabriel Monet. A la demande de Monet, il écrit Les Coréens que Roger Planchon mettra en scène un an plus tard. A travers le théâtre, Michel Vinaver découvre le moyen de faire disparaître le narrateur et par ce biais, de s'effacer lui-même: « J'étais en quelque sorte libéré de la nécessité, en tant qu’écrivain, d’utiliser ma propre voix. Il y avait comme un transfert… »

Au tout début j'étais romancier, j'ai commencé par écrire deux romans sans du tout penser au théâtre, sans imaginer cette bifurcation. (...) Et puis tout de suite j'ai senti que c'était mon lieu, le théâtre. Et je crois que la raison en est essentiellement que ce n'est pas moi qui parle, ce sont d'autres, les personnages.

Rapidement, Michel Vinaver est attaqué de part et autres pour le contenu de son œuvre : « J’ai été attaqué par la droite, mais aussi été par les communistes et les brechtiens orthodoxes qui trouvaient que mon théâtre n’était pas assez politique avec ''Les Coréens''». Une situation qu’il rencontrera souvent ensuite souvent au fil de sa carrière de dramaturge.

Souvent critiqué pour être l’auteur d’un théâtre trop orienté, Michel Vinaver se revendique pourtant d’une certaine neutralité : « Je crois que je n’ai jamais eu ce que l’on peut appeler une ‘’intention’'. J’ai eu envie de m’imprégner de ce qu’était la guerre de Corée à l’époque. (…) Une guerre civile atroce avec l’intervention des grandes puissances mondiales. J’étais dans le tumulte de cette réalité-là… »

Imprégné par l'actualité, Michel Vinaver ne pense pas pour autant écrire sur les attentats de Paris de 2015, "ce serait un remake de "11 septembre 2001" parce qu'il y a évidemment des éléments communs", explique t-il, "une pièce que j'écris aujourd'hui est toujours en rupture et en opposition avec la pièce qui a précédé".

L’imaginaire théâtral de Michel Vinaver s’élabore au fil de l’actualité, le « seul aliment » de son imaginaire. "Mon rapport à cette actualité est je crois un processus d'imprégnation et une fois l'imprégnation faite, il faut que ça s'exprime. C'est ça l'écriture pour moi, c'est ce double mouvement d'imprégnation et d'expression."

Homme de son temps malgré ses 89 ans, il se fait l'aède de cette grande tragédie en bousculant les frontières et les codes de l'écriture théâtrale…

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