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Mona Ozouf
Épisode 2 :

"Etre féministe, c’est ne pas compter sur le prince charmant."

44 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette Journée de la femme, c’est l’intellectuelle Mona Ozouf qui est à l’honneur auprès de Laure Adler. Philosophe et historienne, cette spécialiste de la Révolution française est à Hors-champs, pour une série de trois émissions. Second entretien.

Mona Ozouf
Mona Ozouf Crédits : Samuel Bernard

Dans la collection Quarto, les éditions Gallimard éditent « De Révolution en République », recueil d'ouvrages consacré à Mona Ozouf. Une consécration que l’auteur ne sait pas comment recevoir: « On est touché, on est honoré, je ne pensais pas du tout à cela. Le versant négatif de cette affaire c’est qu’évidemment, à l’âge que j’ai, un Quarto, c’est un tombeau. Ce qui me laisse dans un état à la fois de tristesse et d’incrédulité.(…) Le problème est de savoir: est-ce qu’on peut encore faire quelque chose de nouveau après ça ? »

Mona Ozouf s’est cependant bien amusée pendant la constitution du Quarto. «Parce que ça fait découvrir une cohérence cachée dans ce qu’on a fait depuis le début. (…) le retour sur soi permet de découvrir que beaucoup de thèmes m’ont été imposés par les hasards de l’existence. »

De ses amis, chercheurs, intellectuels, qui l’ont encouragée à écrire pour eux, puis pour elle, Mona Ozouf garde un très beau souvenir. Bien que ces demandes soient venues d’un univers masculin, elle se souvient d’avoir joui d’un véritable climat d’égalité. « Ces demandes, elles m’ont paru comme flatteuses. (…) mais, au fond, ça vient peut être de loin. J’ai été élevée par des femmes qui n’auraient jamais eu idée de penser qu’elles étaient dominées. Ma grand-mère bretonne qui ne quittait jamais sa coiffe était absolument convaincue d’appartenir au premier sexe. »

Son père, mort lorsqu’elle avait quatre ans, elle est élevée par sa mère et sa grand-mère en Bretagne, «deux femmes qui travaillaient, deux femmes pour lesquelles la définition du féminisme aurait peut être volontiers coïncidé avec celle que donne Jules Renard : être féministe c’est ne pas croire au prince charmant », une définition qu’elle apprécie, mais qu’elle transformerait volontiers:« être féministe, c’est ne pas compter sur le prince charmant. C’est savoir qu’on peut avoir la chance de le rencontrer mais on peut aussi se débrouiller seule et faire avec»…

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