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Nathalie Azoulai

44 min
À retrouver dans l'émission

Dès son premier roman, Mère agitée (Seuil, 2002), Nathalie Azoulai s'était fait une place dans le paysage littéraire français. Elle publie aujourd'hui un magnifique roman, Titus n'aimait pas Bérénice (P.O.L.), dans lequel elle se ballade dans l’œuvre de Racine en imaginant un chagrin d'amour contemporain, et pour lequel elle vient d'obtenir le Prix Médicis 2015...

Nathalie Azoulai
Nathalie Azoulai Crédits : Corinne Amar - Radio France

Nathalie Azoulai est entrée en contact avec les mots d’abord par l’écriture et non par la lecture. « J’écrivais de petites histoires à droite à gauche, de tout et n’importe quoi. » Son goût pour la lecture ne se développe que vers l’âge de seize ou dix-sept ans. « Je n’avais pas beaucoup de livres chez moi. » Elle se souvient néanmoins qu’à seize ans, un exemplaire de Madame Bovary traînait sur sa table de chevet, « et il m’ennuyait profondément » ce n’est que plus tard qu’elle reviendra vers le chef-d’œuvre de Flaubert, devenu aujourd’hui une de ses sources d’inspiration.

Nathalie Azoulai raconte son désir d’écrire : « très vite, j’ai eu besoin de ce retranchement » , de cette distance avec le réel pour le comprendre « car quand on est immergé dans le réel, on n’a pas les outils pour le décrypter » . Par la construction de dispositifs romanesques, elle arrive à démêler la complexité de ce réel. « J’ai besoin de ré-agencer ma propre réalité par des mots. »

Son premier roman, Mère agitée , est né des angoisses survenues avec la maternité. « Il y a cette peur de ne pas être à la hauteur, celle qu’il arrive des mésaventures, c’est ce que j’ai essayé de décrire avec ce livre. » Aujourd’hui, elle se sent apaisée face à toutes ces questions, mais se rend compte que « quand on a des amies qui deviennent mères, on voit apparaître de nouvelles personnes. J’adore être mère, mais je n’ai jamais eu une foi absolue en la maternité. »

Dans Titus n’aimait pas Bérénice , elle se plonge dans l’œuvre de Racine afin de réfléchir à la fois sur le sentiment amoureux et sur le travail d’écriture. Sa propre découverte de Racine a lieu vers 18 ou 20 ans. Mais ce grand dramaturge demande du temps, de l’expérience, du sentiment, explique l’auteure. « Louis Jouvet disait qu’on ne peut pas faire jouer une Antigone ou une Hermione à une femme de vingt ans. » Quant à Bérénice , elle reste un mystère pour Nathalie Azoulai. « C’est une énigme car c’est une pièce sur rien, il n’est question que de silence et de paroles. Il n’y a pas de lutte de pouvoir, seulement un aveu à faire… »

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Extraits sonores :

  • Marguerite Duras interviewée par Raymond Barthe, 29 janvier 1955, Paris Inter

  • Ludmila Mikael, interviewée par Claude Guillaumin, dans Inter actualités de 13h , 17 décembre 1984, France Inter

  • Extrait de Bérénice de Jean Racine, mise en scène de Klaus Michael Grüber, avec Ludmila Mikaël et Richard Fontana, Comédie-Française, 1984

  • Roland Barthes dans Le Masque et la Plume de François-Régis Bastide, 19 juin 1977, France Inter

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