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Oliver Sacks

44 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Oliver Sacks, neurologue, écrivain britannique

Oliver Sacks
Oliver Sacks Crédits : Erik Charlton

Si son premier roman, Migraine , a vu le jour en 1970, c’est en grande partie dû à l’histoire personnelle d’Oliver Sacks « depuis mon enfance, je souffre de migraines ophtalmiques. Je vois avec des zigzags, je perds le sens des couleurs, mes yeux voient des mouvements et je perds une partie de mon champ visuel. » Quant à sa carrière de neurologue, elle serait également liée à cette expérience, vécue très jeune. « [Cela] m’a prédisposé à étudier la neurologie » Et à écrire Migraine . Sans compter que ses parents étaient, eux-mêmes, neurologues.

« J’ai hésité avec la psychiatrie , mais je suis plus attiré par l’organisme, le corps ».

Il évoque ses maîtres à penser, les psychologues Alexandre Luria et Jérôme Bruner . Le premier a d’ailleurs écrit un livre dont le second a écrit l’interface, intitulé Une prodigieuse mémoire .

Difficile de parler de psychanalyse sans évoquer Sigmund Freud . Oliver Sacks va d’ailleurs écrit un livre en contradiction avec celui du père de la discipline : face à La psychanalyse de la vie quotidienne , l’auteur de Migraine et de l'Eveil envisage la publication d’un livre qui s’intitulera La nouvelle psychopathologie de la vie quotidienne .

Oliver Sacks se dit plus proche de la théorie du biologiste Gerald Edelman , qu’il qualifie d’« authentique génie » et de « grand penseur sur le thème du cerveau et de l’esprit. »

Il évoque son incapacité à reconnaître les visages . « Mon assistante, si je la vois dans un autre endroit, ou dans un autre contexte, je ne la reconnais pas […] Parfois, j’ai du mal à me reconnaître moi-même ».

« J’ai de graves problèmes d’orientation. Je peux me perdre à 100 mètres de mon immeuble et puis, une fois que je suis devant, je ne le reconnais pas ».

Il parle ensuite de l’importance de la musique dans sa vie. « J’ai eu un accident de voiture à cause duquel ma jambe a été paralysée et insensible » . Mais après avoir écouté le Concerto pour violon en mi mineur de Félix Mendelssohn, il a une révélation : « c’est ce que Luria appelle « la mélodie cinétique », c’est-à-dire qui donne le rythme de la marche. »

Il a repris le piano il y a peu un piano qui appartenait à son père et qui date de 1894. Le pouvoir de la musique le fascine. Tout comme la notion même de l’écoute.

« L’écoute, c’est essentiel » , et notamment avec ses patients. C’est ce que les psychanalystes appellent l’écoute avec la troisième oreille, c’est-à-dire l’intuition. « La troisième oreille, ce n’est pas ce que dit (ou ne dit pas d’ailleurs) le patient, mais ce qu’il ressent ».

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