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Parler contre la terreur : Salman Rushdie

43 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la journée spéciale de France Culture "Parler contre la terreur", rediffusion d'un entretien de Laure Adler avec Salman Rushdie du 14 novembre 2012

S’il a appelé son autobiographie Joseph Anton, c’est en hommage à Joseph Conrad et Anton Tchekov . De Conrad il apprécie son gout pour le « monde du secret, de l’ombre ». De Tchekov, il aime le fait qu’il est l’artiste de la mélancolie, de la solitude …Chez lui, les histoires de noms sont complexes. Le sien a été choisi en hommage à Averroès , qui « luttait à son époque contre les voix fondamentalistes (…) Mon nom est un message venant de mon père et c’était véritablement le bon drapeau qu’il fallait lever ». Il évoque son départ vers l’Angleterre pour son éducation, sa relation avec son père« Quand on est un écrivain, on est habitué à la solitude… » Il poursuit sur son rapport à l’islam, dont il trouve passionnant l’aspect « historique » : « on peut étudier la naissance de l’islam, en tant qu’idée émergeant à son époque » .Il évoque encore les expériences mystiques,son livre « Les enfants de minuit » , écrit pour « rétablir un lien » avec l’Inde et le Pakistan, « La honte » , son ouvrage le plus politique, de son propre aveu… « Les versets sataniques c’est un roman, sans l’article ce sont des versets qui sont sataniques (…) Je pensais écrire mon roman le moins politique et le plus personnel… » En apprenant la fatwa, il pense à la mort…Une autre vie commence, qu’il nous décrit, dans ces moments surréalistes, les tragédies, les soutiens qu’il a reçus, en France comme ailleurs… Pour lui, l’important n’est pas juste de défendre le principe de la liberté d’expression , mais aussi le livre en lui-même … A la suite de la fatwa, fut crée le Parlement international des écrivains , un « refuge » pour les écrivains… « Il n’est plus nécessaire pour moi de me justifier (…) Les livres ne sont pas des crimes… » « Je n’ai jamais voulu être un ballon de foot politique (…) Je ne me suis pas senti comme la statue de la liberté, ni comme le diable. Je me suis senti comme un écrivain au travail … » « Le problème n’est pas la liberté d’expression mais la violence de la réaction (…) Il y a des choses sur lesquelles il ne doit pas y avoir de compromis (…) La question de la littérature elle-même et de la liberté de créer de celle-ci, il n’y a aucune discussion : nous avons ce droit (…) Il ne faut pas reculer quand c’est le moment d’être debout ».

Salman Rushdie interrogé par Laure Adler le 14 novembre 2012
Salman Rushdie interrogé par Laure Adler le 14 novembre 2012 Crédits : Radio France
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