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Peter Szendy

44 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec Peter Szendy , philosophe et musicologue

Peter Szendy
Peter Szendy Crédits : Corinne Amar - Radio France

Son premier texte est une traduction de l’essai d’Adorno Sur quelques relations entre musique et peinture : « J’ai beaucoup lu Adorno pendant mes études de musicologie. Il est l’un des rares philosophes à avoir une œuvre philosophique majeure et à être aussi compositeur et musicien, élève d’Alban Berg. Cette rare conjonction m’avait saisi et intéressé. »

Il évoque son initiation à la musique : « Mon oncle à Budapest était musicien amateur. Quand j’étais enfant, il m’a fait écouter beaucoup de musique et m’a fait découvrir le piano en amateur. Le piano qu’il possédait avait un grand trou et je me souviens être monté sur le tabouret, avoir mis ma tête dans le piano et avoir entendu le son résonner. »

Il s’arrête quelques instants sur le mot « écouter » : « Ecouter est un mot magnifique dans son histoire. Il a la même racine que le verbe ausculter. L’auscultation est d’ailleurs une des formes d’écoute les plus passionnantes. »

Il évoque d’ailleurs Laennec, le père du stéthoscope, qui a expliqué que son instrument « permettait de créer une distance entre l’oreille du médecin et le corps du patient. » Laennec a décrit ce qu’il entendait en auscultant des patients qui souffrent de bronchites ou de pneumonies, « et il en parle comme de la musique : on entend une basse continue qui serait le cœur ou la respiration, et des sons aigus, les bulles qui éclatent dans les poumons. C’est très musical finalement. »

Peter Szendy admire les musiciens de jazz et leur incroyable capacité d’improvisation. « L’improvisation est comme un pur tracé qui ne sait pas où il va, qui s’enfonce dans un nuit profonde, un trait que rien ne précède et dont la direction n’est pas encore donnée. »

Il revient également sur la « pop philosophie » : « C’est une expression qui avait été forgée par Deleuze. Il y a toutes sortes d’objets culturels qui sont entrés dans le champ de la philosophie et qui donnent à penser : les séries TV, les blockbusters ou la musique populaire. Souvent, cela me dérange parce que l’on prend des objets culturels comme exemples afin de rendre une thèse philosophique plus didactique. Selon moi, il faut procéder à l’inverse : ces objets doivent donner à penser. »

Pour finir, il donne sa définition du « tube » : « C’est un petit motif musical qui par sa banalité même, parfois même par son caractère anonyme, nous trotte dans la tête, a une puissance d’entraînement, accompagnant la marche de la vie, mais aussi une puissance de mémoire incroyable : un simple petit air peut faire ressurgir des pans entiers de notre mémoire qui sont oubliés ou refoulés… »

Intervenants
  • professeur en littérature comparée et en humanité à l'Université de Brown aux Etats-Unis, conseiller auprès de la Philharmonie de Paris
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