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Rithy Panh

44 min
À retrouver dans l'émission

Laure Adler s'entretient avec le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh

Rithy Panh
Rithy Panh Crédits : Corinne Amar - Radio France

Trente ans… C’est le temps qu’il aura fallu à Rithy Panh pour mettre des mots sur son passé. Dans l’Elimination , coécrit avec son ami, l'écrivain Christophe Bataille, ce cinéaste raconte comment il a vécu l’invasion des Khmers rouges .

Il évoque son enfance avec ses parents intellectuels , suite à l’arrivée au pouvoir de Pol Pot. « On avait les moyens de partir, mais je pense qu’on était très attachés à notre pays ».

De la révolution, ils attendaient la justice. « Il y avait des exécutions sommaires, on ne pouvait pas exercer notre travail ».

De son enfance à l’exil , en passant par son dur labeur à la campagne, Rithy Panh explique la perte de la condition humaine, suite aux atrocités du régime cambodgien. « Quand on fait perdre à quelqu’un sa dignité , [il] met des années et des années pour reconquérir chaque parcelle de son identité ».

Il parle également de ses souvenirs, notamment ceux avec son père. Le but, c’était d’« essayer de survivre . »

Il raconte une anecdote mémorable : alors qu’il était très malade, il s'est soigné avec de l’écorce de goyavier. « C’est ma mère. C’est grâce à elle si je marche aujourd’hui. Les jeunes feuilles, je les ai mâchées. J’ai pris l’écorce, je l’ai fait bouillir jusqu’à ce que ce soit très amer et j’ai bu le jus » .

La nourriture, l’humiliation, la souffrance … Autant de thèmes que l'on retrouve dans son livre. « Ce livre, je l’ai porté dans mon ventre […] si je l’avais écrit tout seul, je me serais flingué » . C’est pour cette raison qu’il admire tant Primo Levi, David Rousset, Robert Anthème

Il évoque également son nouveau documentaire, intitulé La France est notre patrie . « Je me dis que si l’Histoire éclairait vraiment le présent, je n’aurais pas eu à faire ce film » . Difficile d’accepter qu’« en France, on parlait des bienfaits de la colonisation » , d’entendre que « le peuple indochinois n’a pas d’histoire » , ou encore de savoir que « certains chercheurs démontrent que cela vient de notre culture. »

« Je n’ai jamais vu une culture qui tue […] Pour moi, la culture, c’est le côté progressiste de l'humanité ».

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