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"Sans excédent de bagages : écriture et voyage" : Lieve Joris (1/2)

44 min
À retrouver dans l'émission

Dans le cadre de la série "Sans excédent de bagages : écriture et voyage", premier entretien (sur deux) de Laure Adler avec Lieve Joris

Son désir de voyage commence à 19 ans, inspiré par l’histoire d’un grand oncle missionnaire au Congo.En voyageant, elle souhaited’abord« disparaître ». « Je ne voulais pas venir de quelque part… » Se rendant compte que cela est impossible, elle cherche alors une « histoire plus proche » . Ce sera le Congo , ancienne colonie belge. « C’est le jeu du miroir (…) Ils sont un peu dans notre intimité et nous, on est dans la leur. Quand je vais au Congo je rentre un peu chez moi » .Si des hommes comme V.S Naipaul (écrivain britannique)ou Ryszard Kapuscinski (écrivain et journaliste polonais) lui ont montré le chemin, son écriture reste « adaptée à sa personnalité ». Sa manière de voyager est au plus près des gens, presque invisible. « Je viens d’une grande famille en Belgique (…) J’ai fui cette famille mais je suis chez moi partout où je la retrouve ailleurs, pourvu que ce ne soit pas la mienne ». « Quand je suis dans une telle aventure, tout disparaît… » Jusqu’au moment, « où il faut se retirer pour écrire » ,même si « voyage » n’appelle pas forcément « écriture » .Son mari est « un peu comme une femme de marin ». « Ca lui convient ». A-t-elle eu parfois l’envie de rester ? « Une fois » . Elle ne l’a pas fait. Plus qu’une « autre vie », ce sont « les tranches de vie » qui l’intéressent. « Plus que jamais Amsterdam est quand même le centre de mon monde (…) Le centre pour un écrivain qui voyage beaucoup est très important. Tu ne peux pas observer les autres si tu ne te connais pas toi-même… » Elle évoque sa manière d’écrire où il faut « distiller », parle de son livre « Les Hauts-Plateaux »« En Afrique tu n’es personne (…) C’est très agréable de faire face à un soi qui doit encore se construire… » « Lorsqu’on est habité par un sujet (…) on devient plus fort que soi-même… » A force de les « étudier » ,Lieve Joris arrive à « regarder dans le tunnel de la vie » des gens. Elle évoque encore le génocide rwandais, son livre « Les portes de Damas » qui « décrit le destin de quelqu’un qui ne peut pas devenir ce que je suis devenu… » L’illustration que Lieve Joris ne fait pas que raconter. Au fur et à mesure, elle « remonte des pistes » . « Il y a en dessous de l’actualité un fleuve souterrain, beaucoup plus lent… » « A force de voyager je me suis rendu compte que l’ailleurs et le monde d’où je viens ont beaucoup de ressemblance (…) Ma propre histoire c’est de regarder derrière et de savoir que je ne viens pas de nulle part ».

Lieve Joris
Lieve Joris Crédits : Corinne Amar - Radio France
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