LE DIRECT

"Sans excédent de bagages : écriture et voyage" : Lieve Joris (2/2)

45 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième et dernier entretien de Laure Adler avec Lieve Joris dans le cadre de la série "Sans excédent de bagages : écriture et voyage"

Elle a choisi de ne pas avoir d’enfants, pour pouvoir voyager. « J’ai eu la chance de rencontrer un homme du même avis que moi (…) On est un peu des enfants, parce que l’on en a pas nous-mêmes… » « On peut s’éloigner de là où on vient, mais on recherche toujours ce qu’on a connu… » A l’hôtel, elle préfère le logement chez l’habitant , pour vivre l’actualité, la vie quotidienne, au plus près. « Je commence à être assez douée pour me faire inviter » , même si « apprivoiser les gens » peut prendre des années. « Quand je vois quelqu’un qui porte en lui une histoire que je peux écrire (…) je suis prête à beaucoup de choses pour m’approcher de ça… » Elle nous parle de son dernier livre « Sur les ailes du dragon » , sur les relations entre la Chine et l’Afrique . Elle nous raconte des histoires d’incompréhension , mais aussi d’amitié, d’amour, d’adaptation, d’émerveillement, des histoires communes, des points communs« Il faut toujours aller au-delà du premier regard, c’est cela le voyage… Parce que le voyage ce n’est pas seulement dans un pays étranger c’est aussi dans l’âme de l’autre… » Elle nous parle de l’écrivain V.S Naipaul , qu’elle a rencontré. Un de ses maitres, même s’il faut « guérir de ses maitres » .Elle n’a pas d’enregistreur, mais elle sait capter la voix de l’autre dans son « oreille ». « Je peux même faire des scènes qui ne se sont pas tout à fait passées comme ça, car je connais tellement bien l’autre personne que je sais comment il va réagir… » Elle évoque son rapport au cinéma de Jean Rouch , parle des personnages qu’elle suit dans « Sur les ailes du dragon », revient sur les Africains en Chine : « ils restituent leur petit monde là-bas… » Ce qui est intéressant dans le rapport entre la Chine et l’Afrique, explique-t-elle, se trouve dans l’absence de liens coloniaux . « La rencontre est possible, et je suis dans le triangle, je ne suis pas dehors… »« Il y a pleins de moments où on a peur… » « Ceux qui prennent une certaine place dans mes livres, comme je n’ai pas d’enfants, font partis de ma famille étendue… » Et le prochain voyage ? « Pour le moment je suis en train de rentrer chez moi. Ca prend du temps… »

Lieve Joris
Lieve Joris Crédits : Corinne Amar - Radio France
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......