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Semaine spéciale Alger : Dalila Nadjem et L'Andalou

46 min
À retrouver dans l'émission

Semaine spéciale de Hors-Champs à Alger : Laure Adler s'entretient avec l'éditrice et directrice du "Festival international de la BD d'Alger", Dalila Nadjem, et le caricaturiste L'Andalou

Elle est venue s'installer à Alger depuis la France, pour réaliser son rêve de devenir éditrice . Ce sont les événements des années 90 qui l’ont convaincue de rester. Ses parents n’ont pu faire de même. « Quand ils reviennent, ils n’ont plus de repères… » Elle parle de l’émigration de la génération de ses parents , des chibanis … En France, elle n’a pas connu de problème d’intégration. A Alger en revanche, elle fut « une étrangère dans son pays d’origine » . « Ca a été une lutte pour me faire accepter. J’ai souvent entendu dire : ‘toi l’immigrée retourne d’où tu viens…’ » « Je suis une tête dure, j’aime beaucoup les défis, je n’aime pas perdre… » . Elle nous parle de la difficile création de sa maison d’édition, Dalimen ; se souvient des années 90, avec les destructions de librairies, de bibliothèques, de la lutte des femmes, les premières à avoir manifesté contre le terrorisme, de sa propre lutte… « La peur que j’avais de cette époque n’est pas la même que maintenant (…) On savait qui était notre ennemi, et donc on avait envie de vivre, de se battre… » Mais ensuite, la confiance était rompue, parfois même à l’intérieur des familles. « Nous avons vécu pendant dix ans, une horreur que personne ne pouvait sous-estimer et personne ne nous comprenait… » Son regret reste le manque d’écoute de l’international… Elle évoque les événements de Janvier 2015 en France, la mort du journaliste Saïd Mekbel dans les années 90… « On est avec des amis, on parle de choses et d’autres et on finit toujours la discussion par rapport aux années 90… » L’Andalou commence par évoquer son dessin dans « El-Watan » sur Bouteflika, censuré. « Desproges disait ‘on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui’, en Algérie c’est en plus ‘pas n’importe quand’… » Il évoque la manifestation islamiste survenue récemment à Alger : « ils nous font honte… » Il nous parle de sa vision des caricatures de Charlie-Hebdo par rapport aux caricatures algériennes, parle de son pseudonyme utilisé par « timidité » : « Je suis un amoureux inconditionnel de l’époque andalouse (…) Il y avait une utopie qui n’existe pratiquement plus maintenant » .Il nous parle de la représentation du Prophète, de la fonction de la caricature en Algérie, héritée de la décennie noire, des menaces qu’il reçoit… « On dirait que cet intégrisme est un cancer… » Dalila Nadjem reprend et évoque encore son action en faveur de la bande-dessinée , surtout vers les jeunes auteurs , « jeunesse perdue » des années 90 nous parle de la caricature en Algérie, des droits des femmes dans son pays… « La décennie noire c’est maintenant qu’il faut la raconter… » « C’est un peuple qui a beaucoup souffert (…) On a oublié les jeunes en cours de route (…) Alger à partir de 19H, c’est une ville morte. C’est dommage, alors que nous avons des théâtres, des cinémas, des bibliothèques… » Dalila Nadjem, elle, continuera à apporter ce qu’elle peut apporter. « Et peut-être un peu plus, si j’en ai la possibilité… »

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