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Semaine spéciale Alger : Kamel Daoud

45 min
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Semaine spéciale de Hors-Champs à Alger : Laure Adler s'entretient avec l'écrivain Kamel Daoud Il évoque ses parents , son expérience dans un douar, enfant. "C'est mon premier rapport au monde" "Je suis l'enfant de trois langues : une héritée, l'autre imposée et l'autre découverte" : l'algérien, l'arabe classique, le français, respectivement. En Algérie, la question linguistique est "surpolitisée" , "idéologisée". "J'aurais rêvé écrire des romans qui fassent sens ici ou au Pôle Sud". "Il y a deux choses distinctes par rapport au fait littéraire : ce qu'on lit et ce sur quoi on fantasme" . Il nous parle d'Alger : "elle a toujours appartenu au conquérant, dans l'imaginaire (...) C'est une ville qui était le siège, le domicile de l'autre (...) C'est ce que ressentent beaucoup d'Algériens, je crois (...) En même temps c'est une ville très belle mais qu'on n'arrive pas à possèder et ça fait mal..." Il prèfère Oran , là où il habite. "J'ai tout le temps des personnages dans ma tête, j'ai toujours vécu dans la fiction (...) J'aime écouter..." Il nous parle de l'autre, de son rapport àla "polyphonie" , d'Albert Camus , de la culpabilité...Avoir un nom, "c'est faire partie de l'humanité" . Une idée en écho à son livre "Meursault contre-enquête" , autour du frère de "l'arabe" assassiné dans "L'étranger". Il évoque les thèmes de la vengeance, du crime, de la lutte pour la liberté, de la mère, qui traversent ce livre."Je suis l'enfant d'une bibliothèque désordonnée..." Il nous parle encore de son rapport à la lecture , aux mythes... "J'écris toujours pour tenir tête à un livre sacré..." "J'aime lire dans le sens contraire de ce qui m'est imposé. J'aime ce coté de digression, de liberté, d'infraction dans l'acte de lire, j'aimerais bien le restituer dans l'acte d'écrire. Ceci dit je reste un conservateur dans l'acte d'écrire, j'aime bien le beau style, l'exactitude (...) J'aime bien que l'idée soit ramassée comme un tir à l'arc..." "Les arabes existent beaucoup plus en France que dans le monde Arabe (...) L'arabité n'est pas une nationalité, c'est un patrimoine culturel (...) Elle m'appartient, je ne lui appartiens pas..." "Il y a quelque chose de plus tragique que l'abus de pouvoir, c'est l'abus d'obéissance..." L'entretien se poursuit sur sa réaction à la fatwa qui l'a frappé en décembre, sur les marches islamistes survenues en Algérie, sur la presse algérienne... "Je ne veux pas changer. Je n'aime pas me présenter dans la position du martyr parce que c'est réducteur (...) Je veux vivre, écrire et continuer à le faire normalement..." L'espoir réside "dans la dignité ". "Je dois défendre le monde que je vais transmettre à mes enfants, mètre par mètre..."

Kamel Daoud
Kamel Daoud Crédits : Corinne Amar - Radio France
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