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Semaine spéciale Alger : Leila Aslaoui Hemmadi

45 min
À retrouver dans l'émission

Semaine spéciale de Hors-Champs à Alger : Laure Adler s'entretient avec Leila Aslaoui Hemmadi, magistrate, ancienne ministre de la jeunesse et des Sports, puis de la Solidarité nationale Elle évoque les événements de janvier 2015 survenus en France. "Ca nous a replongé dans les années de terrorisme islamiste que nous avons vécues..." Elle s'irrite des appels à la mobilisation des musulmans survenus ensuite : "musulman ce n'est pas une nationalité. Il s'agit de personnes qui vivent en France depuis fort longtemps (...) Si j'avais été à Paris, j'aurai participé à la marche (...) en tant que citoyenne du monde qui se reconnait dans les valeurs républicaines, tout simplement..." "Il fallait dire que les Coulibaly, les Kouachi ect... n'ont absolument aucune religion, aucune croyance, ils ont été robotisés pour haïr surtout, haïr le juif, haïr le chrétien et haïr même le musulman..." Et Leila Aslaoui de rappeler les assassinats d'imams durant les années 90 en Algérie. "L'intégrisme n'est pas une opinion..." Elle revient sur son parcours de ministre , dans une époque "difficile" : "j'ai dit oui sans trop savoir pour autant où j'allais me lancer (...) Il y a des gens qui refusaient des postes ministériels à l'époque..." Elle nous parle de la décennie sanglante : les élections législatives remportées par les islamistes et annulées, les menaces reçues, le séjour dans la "citadelle" du Club des pins, où on mettait à l'abri les personnes menacées par un attentat, sa démission du gouvernement, l'assassinat de son mari... "Si nous nous taisons, si nous baissons les bras, ça veut dire que le terrorisme aura gagné (...) Ils m'ont enlevé mon mari mais ils ne m'ont pas réduite au silence..." Elle aide à fonder des associations, se rend à l'étranger, en France... "Au début, on a fait dans l'émotionnel, et ensuite l'émotion, toute légitime qu'elle fut, ne pouvait pas tout expliquer (...) On a eu beaucoup d'opposition mais on a eu beaucoup d'amis aussi..." A "Il n'y a jamais eu de repentance (...) C'est une amnésie collective imposée..." sans que cela règle le problème de la violence... "La haine est là (...) Militairement ils ont été défaits (...) mais politiquement nous n'avons pas gagné (...) Il y a énormément de violence (...) Je pense qu'il y a une psychothérapie générale à entreprendre..." Elle termine sur ses livres, hommages à sa mère, "un exemple fabuleux" , et à sa petite fille ... "Cet enfant m'a vraiment aidé à avancer..."

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